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 [résolu] « nothing sweet about me » [OBLIVION]

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CALL ME; [ Light ]

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MessageSujet: [résolu] « nothing sweet about me » [OBLIVION]   Lun 22 Avr - 19:30


— this is the life —


Le repère des rebelles en plein secteur C. Un jour plutôt vide, d’ailleurs. Pour une fois, il n’y avait pas grand monde. Pas grand monde à part lui, une rousse du secteur C qu’il ne savait toujours pas comment il avait fait pour la ramener ici et… une des « têtes pensantes » de la rébellion ? Le grand vide en clair. Et il n’avait pas décroché un mot de tout le trajet d’une ruelle quelconque jusqu’au repère. Pas un seul, le silence total. Ceci dit, son invitée surprise n’avait pas jugé bon de dire quoi que ce soit non plus. Alors, au pire, il n’en avait rien à cirer sinon qu’il hésitait à aller parler à la tête pensante qui ne semblait pas les avoir remarqués.

Tête pensante, tu parles…, fut sa première pensée à l’égard de la troisième personne en présence dans le repère.

Et puis il soupira, avant de laisser la rousse où elle était pour aller parler au « chef » qui n’en était pas un. Lui expliquer rapidement la situation. Avant de lui faire signe de venir et de la laisser s’expliquer avec l’autre tête pensante.
Ça avait duré quoi ? dix minutes ? Un peu plus peut-être ? Il n’avait pas jugé bon de compter, il avait juste envie que ça se finisse. C’était ça. Qu’on en finisse.
Et puis l’autre crétin de chef l’avait hélé.

« Hé, Light ! »

Il avait juré. Merde ! lui qui tenait à rester anonyme. Il s’était tourné vers la tête pensante avec un air blasé, enchanté, et tutti quanti ; comme on dit.

« Ouais ? »

L’autre idiot avait souri. Ça l’avait énervé.

« Puisque tu l’as ramenée, sers lui donc de guide. »

Il y avait eu un petit moment de flottement dans son esprit, le temps qu’il réalise l’ampleur de ce qu’on lui demandait. Responsabilités, bonjour ! Mais il n’en voulait pas. Tout ce qu’il parvint à dire à ce moment-là fut :

« … QUOI !? »


Un sourire se dessine sur ses lèvres.
S’il se souvient de cette journée ? Et comment. Mais là, il file plutôt vers le garage du secteur C. Pas vraiment pour un motif particulier, mais il n’est jamais trop prudent non plus. Le speeder, c’est plus ou moins sa vie, et un plantage lui a suffi. Tiens, d’ailleurs. Oblivion n’est toujours pas au courant qu’il s’est planté. Enfin. Elle doit bien le savoir mais sait-elle qu’il a depuis une belle balafre de son poignet jusqu’à son coude du bras droit ? Probablement pas.
Et tout bien réfléchi, il n’a pas envie de lui dire.
Il se contente d’aller tranquillement jusqu’au garage. Dire bonjour à Star au passage ; s’il est là bien entendu ; mais aussi pour demander quelque chose à Oblivion.

Quand il va au garage, c’est souvent pour le speeder d’abord et il sait qu’Oblivion sera plus à même de l’aider pour ce coup-là.

Et il sait très bien comment ça va se passer une fois qu’il sera là-bas. A quelques détails près. Oblivion et lui ont cependant pris l’habitude de ne pas cesser de se chamailler ; quitte à en arriver aux mains ; tant qu’ils sont tous le regard des autres mécanos. Une fois sur le circuit des courses, ce sont de bons amis.
Même si ça paraît un peu bizarre, ça peut se comprendre.

« Non mais ça va pas la tête ! »

Il fixait, atterré, la tête pensante en pointant Oblivion du de l’index. Lui servir de guide ? Non mais et puis quoi encore ? Où est-ce que ce… ce chef allait chercher des idées pareilles ? Alors là, non, non, et non ! C’était hors de question et il ne comprenait toujours pas qu’il n’allait pas pouvoir négocier.
Quand enfin il réalisa qu’il ne ferait pas autrement il avait juste grogné et détourné la tête.

« Tu m’le paieras. Je te hais. Je t’aimais déjà pas avant, mais là, je te hais. »

Au moins, c’était dit.
Il savait que son sale caractère avait désormais pour habitude d’être pris au second degré mais il s’en tenait à ses positions de départ.
Il ne voulait pas servir de guide à cette nouvelle recrue. Seulement, il n’avait pas le choix et avait bien fini par accepter sa mission. A contrecœur.
Et au bout d’un long moment…


Quand il arrive au garage il cale la béquille de son speeder pour éviter qu’il ne tombe de côté et cale les lunettes sur sa tête dans un geste purement machinal. Une habitude comme une autre. Il cherche Oblivion des yeux au milieu du bazar ambiant. Il bouge de quelques pas sur la droite en essayant d’apercevoir la mécanicienne.
Ah tiens, la voilà.

« Eh ! Oblivion ! Si t’es vivante, fais-moi signe ! »

Pour tout signe, quand il essaye d’avancer un peu plus, il ne réussit qu’à trébucher sur quelque chose qu’il n’a manifestement pas vu, tente de se rattraper et se prend une clef ; de douze, après aperçu ; sur la tempe. D’abord sonné il se met rapidement à râler sur le matériel mal accroché tout en essayant d’atteindre l’endroit où Oblivion est.
Marcher sur du verre serait plus facile…

« Y a ta clef de douze qui m’en veut, au passage. Ou alors elle a tenté un suicide. »




Dernière édition par Light le Mer 8 Mai - 11:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [résolu] « nothing sweet about me » [OBLIVION]   Lun 22 Avr - 20:29


Je suis le doigt du regard, jusqu'à l'endroit que l'index pointe. Un type aux cheveux gris, un fantôme. C'est un pilote, je l'ai déjà vu courir. Je regarde à nouveau Mercedes, qui me l'a désigné, intriguée. Comment Mercedes sait toutes ces choses impossibles à deviner ? C'est un membre Premium. Et il voit des choses. Moi, je n'ai que le Génie, et je pars avec des points de retard. Mercedes, lui, a toujours deux ou trois coups d'avance, et quand il a compris que je désirais m'engager sérieusement, il a tendu son bras, et indiqué une personne. Pourquoi lui, ce pilote aux épis d'argent, je ne sais pas, pas encore. Mais ce que dit Mercedes est parole d'évangile et je bois ses mots comme de l'eau de source.

“J'ai juste à aller le voir, et lui dire ?”

Mercedes hoche la tête, et moi, comme guidée par son assurance, je m'approche du pilote. Il ne m'est pas inconnu, puisqu'il fréquente les garages. Mais je ne lui ai jamais parlé auparavant.


Tranquillement, je glisse vers le haut, allongée sur ma planche à roulette. J'attrape un chiffon, que je passe sur mon front en sueur. Je récupère l'électrode enrobée du poste à souder et je retourne sous le speeder. Les crépitements de la rencontre entre les deux métaux, le collage des deux résistances est un grésillement permanent à mon oreille, que je trouve agréable. On dirait le bruit de ces insectes dont Mercedes parle, parfois. Des cigales. Je n'en ai jamais vu, mais je connais leur son. J'ajuste avec le coude les lunettes de protection qui ont la fâcheuse habitude de descendre le long de mon nez.

Si je dois bosser sur ce speeder, c'est parce que Mercedes m'a fait de la peine. Il a passé la nuit entière sur la machine, mais n'est pas parvenu à trouver le défaut qui faisait chauffer le speeder et cramer la plaque antigravité. Il a commencé à chercher un problème du côté de la résistance principale, puis des deux annexes. Il a oublié celle de secours. Parce qu'on en a techniquement pas besoin, et que la résistance de secours n'est censée fonctionner que quelques kilomètres – le temps de tomber sur un garage, ou du moins, de trouver de l'aide. Pourtant, le pilote du speeder avait assuré utiliser sa machine depuis une semaine avant d'en avoir assez de chuter au bout de quelques heures.

Je n'ai aucun mérite. C'est implanté quelque part au fond de moi, comme une puce indépendante. J'ai su quel était le problème dès le début, rien qu'en touchant le speeder. Trafiqué. La résistance principale était morte depuis... longtemps, à en juger l'état. Et le pilote conduisait sur une résistance annexe beaucoup trop grosse. Bref, ça sentait le rafistolage rapide et provisoire à plein nez. J'ai tout refait. Et j'ai troué le tuyau d'arrivée du liquide de refroidissement pour que Mercedes pense découvrir la panne. C'est quelque chose qu'il fait rapidement, et le pilote retrouvera son véhicule dans les temps. Ça me fait plaisir.

Si j'avais su quel espèce d'enfoiré c'était, c'est sûr, je ne serais jamais allée me présenter. Peu importe ce que Mercedes avait vu. Il devait avoir fumé pour m'assurer que j'intégrerais la Rébellion grâce à lui. Il m'a traîné dans une ruelle près des garages, avec un autre type, imposant. Un peu dans le genre studieux. Tout le contraire de nous deux, en fait. Le garçon aux cheveux argentés est passablement ennuyé, et, au fond, c'est compréhensible : il doit avoir l'impression de faire le baby-sitter. Mais il faut bien commencer par quelque chose, enfin, et il pourrait avoir l'air plus bienveillant !

Ils s'éloignent de moi, pour pouvoir discuter en privé. Je me sens comme une chose indésirable. Ils se disputent, du moins, le type désagréable s'énerve. Je sens quelque chose de mauvais arriver...


“Eh ! Oblivion ! Si t’es vivante, fais-moi signe !”

Cette voix... Juste quand on pense au loup. Je relève brusquement la tête, oubliant où je suis. Je me cogne le crâne contre le moteur du speeder et étouffe un grognement. Je glisse vers l'air libre et attrape le chiffon posé sur le sol en béton.

J'entends un bruit sourd.

“Y a ta clef de douze qui m’en veut, au passage. Ou alors elle a tenté un suicide.”

Très fin. Je passe le chiffon sur mon visage, prends une bouteille d'eau à moitié remplie qui traîne sur un poste de travail et gicle un peu de liquide frais sur mes mains. Mes ongles restent invariablement noirs, mais j'arrive à garder des mains immaculées. Je frotte mes paumes contre ma salopette bleue avant de m'attacher les cheveux en une haute queue de cheval.

“Qu'est-ce que tu viens faire ici, Light ? Il y a un problème ?”

Light ne vient jamais me voir au garage pour qu'on discute de tout et de rien. Non, on garde ça pour le circuit, et on ne s'aventure jamais loin. On parle toujours d'un sujet qui se rapporte à la course, ou aux speeders.

Les mains serrées entre elles, je patiente sagement, jusqu'à ce que le pilote revienne vers moi, seul. L'autre est parti de l'autre côté. Peut-être ne veulent-ils pas de moi, mais ce serait stupide. Je suis bien informée. Je devine que je vais rentrer bredouille en regardant le visage fâché du garçon aux cheveux d'argent. Mercedes s'est trompé alors ? Ce serait bien la première fois.

“Il y a un problème ?”
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MessageSujet: Re: [résolu] « nothing sweet about me » [OBLIVION]   Lun 22 Avr - 20:58


— what you think —


Il avait haussé les épaules en réponse à sa question et avait simplement pointé son cher collègue.

« Il veut te voir. »

Mais ça, c’était longtemps avant qu’il ne se passe la conversation concernant ses qualifications de guide. Là, il allait juste se contenter d’attendre et de regarder le hangar autour de lui. Chantonner, peut-être… Ou tout connement, ne rien dire et rester là à attendre quelque chose se passe. Elle voulait rentrer dans la rébellion, pas vrai ? Bon. Bah ça devait pouvoir se faire. Chacun avait ses raisons.
Les siennes ? Oh, outre le fait qu’il horripilait tout le monde et qu’il n’avait jamais aimé Alice… Il n’y avait jamais trop réfléchi. Pour lui c’était l’évidence même, la rébellion.

Et sinon, il se passait quoi à part rien, dans ce hangar ?


Il la regarde se passer de l’eau sur les mains, les essuyer sur son bleu de travail. Elle fait ce qu’elle veut avec ses mains, mais il note ça par habitude. Il observe toujours les manies des gens. Pour mieux les emmerder à ce sujet. Quoiqu’après l’épisode de la clef de douze, il ne va pas se risquer à contrarier Oblivion. Qui sait, elle vise peut-être bien, voire très bien, et il n’y a pas que des clefs de douze dans cet atelier…
Et il ne sait absolument pas sur quoi de dangereux il pourrait tomber s’il finissait par trébucher.

Il hausse les épaules en réponse à sa question, en posant son index et son majeur sur la tempe qui a reçu la clef de douze. Quand il les retire il y a un peu de sang dessus. Génial… La clef de douze lui a laissé un souvenir de sa tentative de suicide. Ça le fait légèrement soupirer mais au final, il n’est pas non plus à l’article de la mort, alors il s’en fout. Ce n’est pas non plus comme s’il avait du sang jusque dans les yeux, il tient toujours debout, et il n’a pas encore de vertiges. Donc pour le moment, ça va très bien.

« Je pense. Je t’avoue que j’en suis pas sûr et que c’est pour ça que je viens te voir. »

Même s’il se demande comment elle peut faire pour bosser au milieu de tout ce bazar, il ne remettra jamais en doute ses qualifications de mécano. Alors, oui. Il a l’impression que quelque chose cloche avec le speeder. Le modèle date un peu, mais il ne s’en séparerait vraiment qu’en cas de choix autre impossible. L’engin est fiable, stable, rapide, relativement silencieux et d’une maniabilité très souple. Depuis le temps, il s’est habitué à ce speeder et ne compte pas le laisser à la casse avant le dernier vrai dernier moment.
Ils ont tous les deux survécu à un beau plantage, en plus.

Alors bon… carpe diem, non ?

Il se mordille légèrement la lèvre.

« … Ton avis sera toujours plus sage que le mien pour ce genre de choses. »

Mais de là dire qu’il allait s’en remettre à lui, et juste à lui… Non, fallait pas rêver.
Il avait juste envie d’étrangler la tête pensante, de lui faire bouffer ses dossiers un par un, de le… Bref. De lui faire passer un mauvais moment, le plus long possible. Quand ladite tête pensante était retournée bosser, il avait soupiré exprès. Longuement, de manière à être entendu, avant de retourner vers la porte du hangar en faisant signe à la nouvelle recrue de le suivre.

Il avait attendu qu’ils soient dehors pour la fixer.

« Tu t’appelles comment, au fait ? »

Il lui demandait ça juste pour ne pas lui attribuer un surnom qui lui vaudrait des représailles.


Il ramène tranquillement le speeder un peu plus à l’intérieur de l’atelier en marmonnant après tout ce qui traîne sur le sol. Il ne dira pas à Oblivion qu’il serait temps de faire un brin de ménage mais il le pense très fortement. C’est assez typique des autres ateliers, mais comment dire… ? Dans celui de la rousse, il trouve que ça prend une dimension toute autre. C’est bizarre, impossible à vraiment définir mais… il trouve que c’est le cas.

En calant la béquille du speeder il tourne la tête et aperçoit un autre mécano.
Ce qu’il dit après, c’est un pur réflexe.

« Quoi ? Ma tête te revient pas ? J’te rassure, plus ça va moins la tienne me revient. »

On appelle ça avoir un instinct de survie relatif.
Ou juste être grande gueule…


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MessageSujet: Re: [résolu] « nothing sweet about me » [OBLIVION]   Lun 22 Avr - 22:21


L'intellectuel de la Rébellion me donne un mois d'essai. On me dira ce qu'il y a me dire. Les informations superficielles, celles qui ne portent pas à conséquence si par hasard je retourne ma veste. Il n'a pas l'air convaincu par ma volonté de changer de camp, pour de bon. Ce n'est pas grave, pour le moment. J'accepte sa suspicion. Après tout, pendant des mois j'ai passé des informations à Alice, c'est de bonne guerre. Ce qui importe, c'est que je sache moi, au fond, ce que je veux. Et je ne gâcherai pas la confiance – même minime – qui m'est accordée. Par contre, je l'ai prévenu : hors de question de jouer à l'agent double. Je veux renverser Alice, je ne veux plus jamais avoir affaire à elle. On peut se servir de ce que je sais déjà, les codes d'entrée, les passages secrets, les informations vieilles d'un mois.

“À dans un mois, alors”, je lance, motivée.

Je suis dans le bain, ça-y-est. J'entre dans l'histoire, et j'évolue dans le bon côté de celle-ci, j'en suis persuadée.

“Oblivion !”

Je me retourne, un peu inquiète. Va-t-il changer d'avis ?

“Le garçon dehors s'appelle Light, c'est lui qui t'expliquera comment ça fonctionne, chez nous.”

Chez nous. La Rébellion. Je frémis d'excitation.

Je fixe la main de Light. Il a du sang sur les doigts. La clef de douze l'a vraiment blessé, finalement. Un filet de sang léger coule le long de sa tempe. Je ne sais pas trop quoi faire. Je n'ai jamais de quoi soigner dans les parages, malgré les blessures fréquentes dues à la manipulation d'outils plus ou moins dangereux. Je pourrais fouiller par là, essayer de trouver de quoi faire un bandage, mais c'est tellement mal rangé qu'il n'y a plus dans le casier qui sert de trousse de secours, à l'entrée, que des affaires de rechange et du spray anesthésiant. Rien qui puisse réellement servir, dans ce cas.

Le voilà qui se mordille la lèvre. Il va sûrement dire quelque chose qui s'approche d'un compliment. Du moins, à la sauce Light, toujours très subtil. Seulement quand il s'agit de gentillesse, cependant. Il n'a pas la langue dans sa peau quand il faut se moquer ou faire de petites remarques acides dont on se passerait bien.

“… Ton avis sera toujours plus sage que le mien pour ce genre de choses.”

Voilà. Le compliment que j'attendais. C'est fou, j'ai l'impression de le connaître de mieux en mieux.

Néanmoins, ça me fait plaisir et, à la fois, c'est très étrange. Qu'il vienne me demander un conseil. Techniquement, il est là pour m'expliquer les choses, pas pour me demander à moi quelque chose. Je ressens un sentiment de fierté innommable et complètement déplacé. C'est un peu comme quand on dit que l'élève a dépassé le maître, non ?

Je devine vite que ça concerne la mécanique. Il n'y a bien que dans ce domaine que Light daignerait m'appeler à l'aide. C'est logique.

“Je m'appelle Oblivion. Rien t'interdit de trouver mieux.”

Je déteste ce nom qu'on m'a attribué, et ce qu'il veut dire.
Néant.

Il n'est toujours pas aimable. Je sais désormais que je vais être la corvée privilégiée de Light, et ça ne m'amuse pas plus que lui. Je suis toujours sur mon nuage, d'avoir été presque prise dans la Rébellion, du coup, sa humeur maussade ne m'embête pas plus que ça. Mais je vais devoir m'y habituer, et ça, c'est une autre histoire. En sortant du hangar, je m'aperçois que le soleil est en train de se lever, à l'horizon. Aujourd'hui, c'est mon premier jour. En tant que rebelle. Je tourne le visage vers Light, et je lui souris.

“La Rébellion alors ? Pourquoi tu y es entré ? Alice ne voulait pas que tu cours ?”

J'ai oublié un instant que Light, le mec au regard assassin, était un sale type.


Je m'avance vers Light et son speeder. Je monte sur le landspeeder le plus proche, le décale vers l'avant. Je fais signe à Light de l'installer sous le cric. Je dégage l'espace de travail autour, tire vers moi le chariot à roulettes contenant les outils de base.

“Quoi ? Ma tête te revient pas ? J’ te rassure, plus ça va moins la tienne me revient.”

Je lève les yeux au ciel.

“Mais tais-toi, Mercedes dort encore à l'étage.”

Je pointe le speeder du bout de la lampe de poche que j'ai pris dans la poche kangourou de ma salopette. Je fixe Light du regard.

“Une idée de ce qui ne va pas, monsieur je cherche des embrouilles partout ?”

J'esquisse un sourire. J'ai oublié un instant que si Light faisait chier les autres, je l'exaspérais encore plus.

“Tu veux soigner ça, aussi”, je demande en lui montrant sa tempe d'un autre signe de la lampe.
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MessageSujet: Re: [résolu] « nothing sweet about me » [OBLIVION]   Mar 23 Avr - 8:00


— they don't know —


Il avait écouté la réponse, puis haussé les épaules avec un air égal. Il n’avait pas tellement envie de trouver mieux, et encore moins de se prendre quelque chose dans la figure en retour d’un petit surnom sans doute amer. Ou en tout cas, proposé avec amertume. Il le lui avait d’ailleurs gentiment fait remarquer.

« La dernière fois que j’ai essayé de trouver mieux on me l’a fait payer. »

Sous-entendu, il avait été mêlé à une bagarre déclenchée donc, par lui-même et son envie de corriger certains petits défauts de personnes avec qui il avait l’habitude de se retrouver et avait écopé de quelques coups pour avoir trouvé un surnom à quelqu’un. Coups qu’il avait bien évidemment rendus mais… la question n’était pas là. Là, il se trimbalait une corvée plus qu’autre chose. Il avait certes une forte tendance à s’attirer les ennuis de toutes les manières possibles et imaginables mais il tenait encore à la tranquillité qui lui était permise dès qu’il arrivait à se retrouver seul loin de tous les autres.
Alors bon, là, il avait envie de planter Oblivion et de la laisser se débrouiller.

Quitte à se faire massacrer après, en fait.


« Mais tais-toi, Mercedes dort encore à l’étage. »

Elle a levé les yeux au ciel, et lui, il a haussé les épaules. Si l’autre dort encore, ça lui est totalement égal. C’est bien de sa faute s’il a dû se coltiner la mécanicienne une journée dans tout le secteur C à lui expliquer le plus calmement possible le grand principe de la rébellion et tout ce qui va avec. Autrement dit…

« Il dort s’il veut, mais je lui en dois une pour t’avoir dirigée vers moi pour que tu intègres la rébellion. S’il veut tout savoir ça se résume en quelques mots : à charge de revanche. »

Et gna, et gna, et gna, et gna, comme on dit. Si elle croit qu’il n’a pas oublié le visage de celui qui l’a désigné comme contact pour entrer à la rébellion, elle se trompe. Même si, au final, Light ne lui en veut pas tant que ça. Il comprend tout à fait que Mercedes a dirigé son amie vers la première personne en vue faisant partie de la rébellion, et c’était lui. Au mauvais endroit au mauvais moment, comme le dit le vieux dicton. Il installe le speeder à l’endroit qu’Oblivion lui a désigné et ignore l’autre mécanicien qui n’a, apparemment, pas encore compris que la pique lui était adressé.
C’est pas plus mal, il a déjà pris une clef de douze aujourd’hui…

… Par contre, elle avait déjà l’art de poser les bonnes questions. Et de réussir à calmer le jeu, un peu, aussi. Il allait devoir réfléchir un tant soit peu à sa réponse, se doutant bien qu’un « ça ne te regarde pas » ne vaudrait pas puisqu’elle avait intégré la rébellion elle aussi. Elle pourrait toujours aller demander à quelqu’un à qui il aurait eu le malheur de le dire, et ce serait bon.
Il ne savait pas si elle oserait faire ça, mais il préférait répondre par lui-même. Sale type peut-être, mais pas totalement non plus.

« … J’en sais rien, si Alice refusait que je participe aux courses ou pas. Tout ce que je sais c’est que je l’ai jamais aimée. »

Il avait marqué une petite pause avant de continuer.

« Je l’ai jamais aimé, et si elle voulait à ce point que je me tienne hors des circuits, elle avait qu’à pas me laisser un speeder entre les mains et une paire de lunettes sur les yeux. »

Puis il avait soupiré avant de tourner la tête vers Oblivion.

« J’ai jamais rien fait comme elle aurait voulu que je fasse, en gros, donc la rébellion c’était plus une évidence qu’autre chose. Si elle s’en mord les doigts maintenant c’est son problème. Qu’elle continue de se les bouffer ça nous fera des vacances… »

Et puis il était retourné à son mutisme.


Il ricane un peu et la fixe avec un petit sourire. Encore et toujours l’art de poser les bonnes questions qui demandent une certaine réflexion pour formuler une réponse correcte. S’il a une idée ? Bah non, voyons. C’est encore une espèce d’intuition ou d’évidence bizarre, y a pas vraiment d’autre solution. Il retire ses lunettes de protection de la tête et les garde à la main. Et s’il cherche des embrouilles partout ? Ouais, c’est pas faux quand même. Il a l’art et la manière de se mettre dans les ennuis de manière rapide et efficace. Et l’art et la manière de s’en sortir aussi, généralement. Avec des comptes à régler le plus souvent mais ça n’est absolument pas son problème, de toute manière.
Elle l’exaspère un peu, mais jusqu’ici, il le vit plutôt bien. C’est la routine, à l’atelier. Se chamailler devant tout le monde, et une fois les regards tournés, c’est l’entente cordiale voire amicale.

« Tu penses bien que si j’avais une idée je serais pas venu te voir. »

Il penche un peu la tête de côté.

« … Et pas partout, s’il te plaît. J’en ai pas encore cherché dans les secteurs A et B. »

C’est ça, joue sur les mots, t’as raison…
Ensuite elle pointe la petite entaille à sa tempe en lui demandant s’il veut en profiter pour soigner ça, aussi, tant qu’il y est. Petit soupir. Il l’avait oubliée, celle-là. Le sang commence à coaguler en plus… Il la regarde en retenant un bref haussement d’épaules.

« Bah si t’as de quoi au milieu de ton petit monde mécanique, ouais, ça pourrait être bien. Sinon tant pis. J’en suis pas mort. »

Il s’approche un peu du speeder en posant ses lunettes sur un établi moins envahi par la marée montante des outils que les autres.

« ... Bon… T’as pas toute la journée, je suppose ? Autant s’y mettre, non ? »

Alors non. Non, non, non. N’allez pas penser ça, enfin. Mais qu’est-ce qui vous fait à ce point penser qu’il ira faire des tours de pistes après ? Oh, enfin ! arrêtez de vous mettre des idées pareilles en tête. Mais pas du tout voyons ! Lui ? Aller faire des tours de piste ? Et puis quoi, encore ?
… Si, en fait, si.


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MessageSujet: Re: [résolu] « nothing sweet about me » [OBLIVION]   Mar 23 Avr - 12:06


Je regarde calmement mon nouveau guide m'expliquer son ressentiment. Il fait partie de ceux qui vivent la Rébellion comme une évidence. C'est peut-être pour ça qu'il fera un bon enseignant, parce qu'il ne voit pas d'autre option possible que se rebeller. Je suis plus nuancée, et du coup, l'autre bureaucrate a forcément choisi délibérément de me mettre ce genre de personne sur le dos. Un peu comme un lavage de cerveau en douceur. Je souris encore. Light ressemble à un enfant qu'on a fâché, et il parle avec une agressivité toute relative. Il ne m'agresse pas personnellement, mais au moins, je sais à quoi m'en tenir.

“Qu'est-ce qu'on va devenir, nous, les créatures de Krash, si la Rébellion l'emporte ?”

C'est la seule question que je voulais poser, depuis le début, depuis même avant que je prenne conscience que je ne voulais pas d'un destin tout tracé par quelqu'un d'autre, par Alice. Je veux savoir ce que nous sommes, les Ombres, et ce qui nous attend, après s'être engagés, après s'être battus. Les joueurs vont-ils nous oublier complètement, ne sommes-nous encore que des pions, d'un camp à l'autre ?


“S’il veut tout savoir ça se résume en quelques mots : à charge de revanche.”

C'est pas totalement la faute de Mercedes. C'est la Vision qui doit s'être plantée. À moins que ça ne soit fait exprès. On doit mieux apprendre de quelqu'un à qui on a pas envie de parler. Du genre, dis-moi juste le nécessaire, je t'écoute attentivement parce que j'ai pas envie d'y passer la journée. C'est plus motivant, sans doute. Au fond, je cherche des excuses à Mercedes, parce que je suis certaine qu'il n'a pas voulu faire de mauvaise blague. Ni à moi, ni à Light. Parce qu'au final, Light m'a toujours expliqué ce que je voulais savoir, quand ce que je voulais savoir était utile et que ça paraissait logique que je le sache. Jamais une information de trop, ni une de moins. Alors peut-être que la Vision s'est foirée, et peut-être que pas.

“Tu penses bien que si j’avais une idée je serais pas venu te voir.”

Génial. C'est pas comme si j'avais passé toute la matinée sur un speeder qu'était même pas dans ma liste de choses à faire. Il faut en plus que je gère la paranoïa aiguë de monsieur qui flippe toujours un peu trop pour son joujou. Je ne voulais pas qu'il me dise ça. Je voulais qu'il me dise, oh, je crois qu'il y a un bug dans les réacteurs, ou, ça sent mauvais quand je démarre. Là, je peux réduire mon champ d'action à une zone en particulier. Je ne sais pas s'il sait combien de pièces possède un landspeeder, s'il se rend compte de la quantité de choses à vérifier pour poser un diagnostic. Parce que si j'oublie quelque chose et qu'il y a un problème, je sais que je vais sérieusement en prendre pour mon grade. Ce n'est pas quelque chose que je désire profondément, en fait.

Je grogne pour la forme. Ça ne me fait pas plaisir. Il est fou !

“… Et pas partout, s’il te plaît. J’en ai pas encore cherché dans les secteurs A et B.”

Je réprime un rire moqueur tout en posant une main sur le levier du cric. Et tout en le soulevant, pour surélever le speeder, je ricane :

“Vaut mieux pas, de toute façon. Là-bas c'est des fous sans conscience sans âme. Ils meurent rien que pour te mettre une baffe.”

Vrai. Combien de partisans, Ombres ou pas, prêts à tout pour entrer dans le cercle des intimes d'Alice ? Et les Ombres sont les plus redoutables, les Ombres qui ne sont que des machines, des créatures obéissant aux uniques ordres de la Reine. Et puis, il y a des cas à part. Heureusement qu'il y a des cas à part. Mais c'est cas sont appelés des erreurs, et rien ne fait moins plaisir. Même si dans la bouche d'une Alice, erreur est l'équivalent de la liberté.

J'attends patiemment la réponse de Light. Ensuite, je m'avance un peu plus dans la rue, je me dirige vers les garages. Je suis sûre que Mercedes sera fier. Et les autres pourront ravaler leurs mesquineries, je ne suis plus une sale infiltrée. Je suis devenue l'un des leurs. Quelqu'un de C, pour de bon. Je fixe le soleil à l'horizon, le nouveau jour qui se lève, et je demande, pas vraiment à Light, plutôt comme un espoir jeté au vent :

“Les Membres du Conseil, ils sont fiables à combien de pourcents ?”

Je regarde Light, un sourcil relevé. Vraiment ? Enfin il répond à une de mes question comme je le voudrais. Je tends la main vers les montagnes d'outils, de papiers, amoncelés sur des landspeeder réparés ou en attente, ou simplement stockés. Il n'a qu'à aller chercher son pansement tout seul, tiens.

“Tant mieux, parce que je crois pas avoir ça.”

Plutôt, je ne pense pas avoir le temps de chercher un truc pour colmater la plaie alors que tu me demandes de vérifier l'intégralité de ton speeder, chacal.

“... Bon… T’as pas toute la journée, je suppose ? Autant s’y mettre, non ?”

Alors là. Je suis ulcérée. J'écarquille les yeux, les mains posées sur la fermeture de protection du cric. Je pousse du pied une manivelle et la bloque sur son embout. Parce qu'il compte m'aider ? Merci, monsieur le prince ! Je prends les lunettes sur le chariot à côté, les pose sur mon front, choppe une clef à tout faire.

“Tu veux aider ?”

Et même ma question ne paraît pas crédible, tant je n'y crois pas.

Je lève ma main à hauteur d' yeux. Je fais bouger mes doigts en une vague paresseuse, observant la lumière y jouer. Je soupire, tout à coup très lasse.

“Est-ce qu'on est destiné à n'être que des machines, Light, des machines trafiquées par un camp ou l'autre ?”
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MessageSujet: Re: [résolu] « nothing sweet about me » [OBLIVION]   Mar 23 Avr - 13:51


— you'll know —


Elle a l’air absolument enchantée. Mais alors vraiment, absolument, enchantée de la situation. Normal, en même temps. Il débarque à l’improviste, lui annonce que la clef de douze est probablement douée d’une conscience propre, et finalement lui demande de vérifier le speeder de A à Z. Cela dit… cela dit, il n’est pas totalement parano. Un peu, quand même, mais s’étant déjà planté une fois, il ne tient pas à retenter le coup parce qu’il aurait négligé un petit détail qui clochait. Pas trop, mais qui clochait. Reste donc à identifier le détail en question, et ça, c’est une toute autre affaire, y a pas à dire. Donc oui, Oblivion a toutes les raisons d’avoir l’air enchantée de la situation actuelle.
Si lui a une excuse ? Hmm… Oui, il en a une. Cachée sous sa manche droite, mais il en a une. On appelle ça le souvenir du plus beau plantage de sa vie.
Elle n’a cependant pas tort concernant le commun des mortels des secteurs A et B. Il a testé une fois d’y aller, et c’était pour se retrouver à parler sushis et wasabi avec Perséphone. Remarque, ça changeait pas mal de sa routine, et ça lui avait évité de finir assommé par Jézebel. Il n’allait donc pas s’en plaindre, mais…

A part ça, franchement ?

Encore une question piège, pas vrai ? Il avait légèrement soupiré en l’entendant poser la question. Comment allait-il pouvoir répondre à ça sans lancer un débat invraisemblable ou passer pour le pire des salauds du monde ? Bonne question. Il n’avait à ce moment-là pas envie de philosopher plus que ça et s’était contenté une énième fois de hausser les épaules, comme à chaque fois qu’une question le laissait perplexe.
Il prit tout de même la peine de laisser un blanc se prolonger pour réfléchir à une réponse potable et cohérente. Ce qu’il avait fini par trouver.

« Honnêtement, j’en sais rien. Mais alors, rien du tout. Si ça se trouve on va jamais pouvoir arrêter de vouloir la peau d’Alice, et si ça se trouve, c’est elle qui va gagner. J’en sais rien. »

Il n’avait pas ajouté « on verra bien au pire » ni « je suis pas voyant de toute manière » mais il aurait pu. Il ne l’avait pas fait, sans doute jugeant qu’il en avait assez fait voir à Oblivion sur son côté buté et désagréable. De son côté, elle n’avait rien demandé et il lui avait plus ou moins fait payer le fait d’avoir été désigné comme son guide parce qu’il avait envie de passer le reste de sa journée tranquille.
C’était raté, mais il ne voyait, au final, aucune raison de continuer d’être invivable avec elle.


Elle dit que c’est tant mieux parce qu’elle pense pas avoir de quoi soigner la petite entaille à sa tempe. Tant pis. Il n’en mourra pas, au pire, et il pourra s’en occuper chez lui. S’il y pense. Y a pas vraiment de risques qu’il oublie, mais y en a pas non plus qu’il y pense. Alors c’est vraiment cinquante-cinquante. C’est pas comme si tout l’atelier allait lui, ou leur, tomber sur la tête, alors il n’en a strictement rien à faire pour le moment. C’est juste un souvenir de la clef de douze, ça va pas le tuer à moins de se faire volontairement frapper avec.
Et c’est même pas sûr qu’il dise d’accord, si on lui propose.

Donc en gros, il s’en fout.

Il avait légèrement penché la tête à la deuxième question en essayant de se faire une idée. Tiens, il n’y avait jamais pensé, à ça… Il avait cligné des yeux, un peu, en cherchant quelque chose à dire. Décidément, son art des questions à réflexion obligée se faisait de plus en plus remarquable au fil des minutes…

Et puis finalement.

« Assez fiables pour qu’on leur fasse confiance. »

Il n’avait pas dit que de toute manière, c’était un peu marche ou crève, que quitte à avoir des chefs de rébellion, on se foutait un peu de savoir où ils allaient, quand ils y allaient et ce qu’ils pouvaient faire. Ils incarnaient un peu la chance d’avoir un espoir de liberté.
Il n’avait jamais pensé à les remettre en question.


« Tu veux aider ? »

Il soupire un peu, commence à faire des revers à ses manches mais se ravise aussitôt. Non. Oblivion n’est pas au courant qu’il a gardé un souvenir d’un plantage dont il ne lui a même pas parlé en personne. Elle a dû en entendre parler se poser des questions. Ça le met mal à l’aise cette histoire.
Pour détourner un peu le sujet il opine simplement du chef en s’approchant.

« Si c’est le prix à payer pour que tu ne me tues pas, oui. Et ça ira plus vite. »

De toute manière, je t’ai servi de guide à la rébellion, je t’ai appris l’essentiel, à toi de me faire la leçon maintenant. Ça te fera une belle revanche.
Il essaie d’arrêter de penser à la cicatrice qui se cache sous sa manche et espère qu’Oblivion ne lui dira pas de faire des revers. Il est capable de lui dire qu’il s’en fout totalement qu’il y ait des taches dessus, au final. De toute manière entre ça et le sable, ses vêtements ont souvent leur compte et il arrive à les rattraper. C’est pas comme si c’était la fin du monde.

Et finalement, comme toute réponse à la question, il avait soupiré en calant ses mains dans ses poches.

« J’en sais rien… mais alors rien de rien… »

Et tout compte fait, il préférait ne pas trop y penser.



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MessageSujet: Re: [résolu] « nothing sweet about me » [OBLIVION]   Mar 23 Avr - 18:33


Me poser des questions impossibles, prises de tête, insolubles, c'est mon dada. J'ai besoin de tout savoir, de tout comprendre, même ce qui ne peut pas objectivement parlant être expliqué. C'est une sorte de déformation professionnelle. C'est quelque chose que je combats depuis que j'ai rencontré Light, depuis les premières questions. Il y a forcément des interrogations que je suis obligée de lui poser, on ne change pas du jour au lendemain, on ne change pas complètement parce qu'on l'a décidé soudainement. Light il a pas toujours – OK, pas souvent – de réponse adéquate. Mais il invente pas des trucs bateaux qui me plongent plus en avant dans ma réflexion. C'est ça que j'aime dans le fait que ce soit lui qui m'ait été désignée. Quand il ne sait pas, quand je lui pose des colles, il le dit et puis c'est tout. J'apprends à vivre avec mon existence précaire et mes doutes permanents. C'est la vie, après tout.

Je hoche paisiblement la tête. Light est quelque de sage qui ne le réalise pas. C'est rafraîchissant.


“Et ça ira plus vite.”

Je le fixe, désabusée. Que ça aille plus vite, ça, rien n'est moins sûr. À peine est-il entré dans ma caverne d'Ali Baba qu'il se ramasse un clef de douze sur la tête. Alors s'il s'allonge sous son speeder, et qu'il touche à quelque chose, j'ai peur qui se prenne de l'huile dans les yeux ou que son genou cogne le moteur lorsqu'il voudra remonter à la surface. Et je préfère travailler allongée plutôt que debout. C'est moins fatiguant, et on est plus proche de la machine, du cœur de mon travail. Je hausse les épaules. Plus vite ou pas, il faut bien le faire. Je regarde le planning accroché sur un pan du mur latéral gauche, sur un panneau à LED. Je dois bien aller désactiver le traçage automatique d'un bracelet T.H.O.R en fin d'après-midi – c'est affiché là : “PAUSE OB 17H”. Les informations, l'endroit du déplacement, le client, ce sont des données implantées dans... le cerveau de Mercedes. J'ai le temps, de toute façon. Et puis, il s'agit de Light, c'est obligatoire de lui consacrer le temps qu'il veut. Même si je ne me sens pas forcée.

Par contre, tu ne peux pas mettre la main dans le cambouis avec des manches longues. Je préfère que tu mettes ça.”

En même temps que je dis ça, je me rapproche du casier qui sert théoriquement de trousse de secours et en sors un vieux tee-shirt à manches courtes, déjà bien tâché et troué à certains endroits. Je me fiche pas mal que Light accepte ou pas de le mettre, pour le coup, s'il veut participer à la révision de son bébé, il n'a pas le choix. C'est le tee-shirt ou le fauteuil d'attente dans le coin. Je ne veux pas risquer de foirer son speeder, mais je refuse de risquer blesser Light parce que sa manche s'est coincée dans une turbine ou je ne sais quoi. Certes, mon garage ne respire pas la propreté et le rangement, mais quand il s'agit de s'allonger sous une machine, je suis consciencieuse et vigilante. Ce ne serait pas la première fois qu'un mécanicien perd un doigt à cause d'une connerie de bague ou de manche trop longue.

“Assez fiables pour qu’on leur fasse confiance.”

Ça me suffit.

Et pour une fois, c'est vrai. Grâce à Light, ce type aux cheveux argentés, je lâche prise. Je me lâche la grappe. Je m'arrête, m’assois sur le rebord du trottoir, juste à l'entrée du garage de Mercedes. Je lève les yeux vers Light.

“Ça fait longtemps que tu es dans le groupe ?”

Ça, c'est une question simple. Il arrivera à répondre.


Je le regarde attentivement, attendant qu'il me prenne le tee-shirt des mains. Il a l'air mal à l'aise. Est-ce le fait que je suis à la place du maître et lui de l'élève ? Ça ne ressemble pas assez au Light que je connais. Ce doit être autre chose. Il tripote ses manches depuis tout à l'heure. Il est nerveux ou je rêve ?
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MessageSujet: Re: [résolu] « nothing sweet about me » [OBLIVION]   Mar 23 Avr - 19:27


— don't say it's over —


Ça se résume en quelques mots. Plus ou moins subtils selon les idées allant et venant, mais en gros, ça se résume à deux mots : eh merde. Pour tergiverser un peu, Oblivion a encore une fois eu la merveilleuse idée qu’il craignait depuis le début. Elle a encore eu l’art et la manière de trouver le truc qui le rend nerveux et, accessoirement, lui donne envie de rebrousser chemin. Non qu’il pense qu’elle fasse exprès, de ce qu’il la connaît, c’est plutôt dans sa nature, mais il a vraiment envie de lui dire que… non, c’est pas franchement une bonne idée. Enfin, ça, c’est son point de vue. Bonne idée ou pas, il ne va au final pas avoir le choix, ce qui lui importe c’est surtout qu’il va devoir faire face à quelque chose, et que pour la première fois dans sa vie il ne se fout pas du regard que quelqu’un peut avoir sur lui.
Si vous vous posez la question : oui, il a évolué depuis les premiers jours.
Et donc. Concernant Oblivion, il reste un peu abasourdi. Immobile, en face d’elle, l’air totalement ahuri, à cligner des yeux comme un idiot pendant… allez. Dix bonnes secondes pour finalement réaliser qu’il ne va pas avoir le choix. C’est revers ou t-shirt. Et bon, c’est clair et net, t-shirt de préférence parce que les revers ça se défait.

Bordel, il n’aurait jamais dû dire oui.
Elle peut encore le renvoyer à attendre au fond de l’atelier ou dehors. Il va falloir qu’il se décide et vite. Il soupire longuement, baisse les yeux et arrête de triturer sa manche droite pour attraper le t-shirt d’un geste sec. Là, pour le coup, il est vraiment mal à l’aise. Il date, pourtant, ce plantage. Mais le souvenir qu’il lui a laissé est hélas sacrément visible. Voire même trop, parfois…

« … Message reçu, j’reviens dans une minute… »

Et là-dessus il s’éloigne un peu le temps de troquer sa veste sans manches et son t-shirt pour celui qu’Oblivion lui a gentiment prêté.
Quoique… Une minute, tout est relatif.

Il l’avait regardée s’installer au bord du trottoir, les mains toujours dans les poches, l’air un peu ailleurs. Ça ne faisait vraiment pas longtemps qu’il était avec elle. Mais il allait devoir se faire une raison : il l’aime bien. Elle a certes un art assez exaspérant de poser le doigt sur les problèmes qui n’ont pas encore de réponse pour la personne d’en face, mais il n’allait pas se compliquer la vie à chercher des réponses là où il n’en voyait pas. Elle allait pouvoir rencontrer plein d’autres personnes et leur poser sans doute les mêmes questions.
Peut-être qu’eux sauraient répondre, après tout…

Et puis encore une question un peu piège. Depuis combien de temps, hein ? Ça l’avait fait sourire, avant qu’il ne décale un gravier du bout du pied, sur sa gauche.

« Longtemps. Pas dès le début, mais depuis longtemps. »

Puis il avait tiré un peu sur son col avec la main gauche.

« … Si jamais t’as envie de... de te débarrasser de ton code-barres. »

Il avait fait un léger signe de tête vers elle.

« Je connais quelqu’un qui le fait bien. Je te passerai l’adresse si t’es intéressée. »

Après tout, la plupart des rebelles font enlever ce code-barres, non ? Il avait ensuite recalé sa main dans sa poche et envoyé le caillou balader quelques mètres plus loin d’un bête coup de pied. L’avantage du secteur C et du désert tout proche, pouvoir shooter dans les cailloux qui traînent un peu partout.
Il s’était remis à regarder les alentours.


Une minute, disons multipliée par cinq quand finalement il enfile le t-shirt à manches courtes. Et encore deux minutes le temps d’arrêter d’avoir la main sur le coude et d’oser retourner vers la mécanicienne en faisant le plus, et le mieux, possible abstraction de cette… putain de balafre.
A part ça il a toujours l’air nerveux, il a encore plus envie de lancer une réplique acide au premier qui tourne la tête vers lui. Ça lui met les nerfs en pelote et il se contente de rester à un mètre d’Oblivion et de la fixer d’un air blasé, un brin désabusé, quand même.

Il grimace et détourne la tête.

« T’aurais fini par le savoir de toute manière… »

Il retourne s’installer à côté d’elle en soupirant, essaie de se donner un air détaché et désinvolte. Tout ce qu’il parvient à faire c’est marmonner quelque chose d’assez amer.

« … si tu veux savoir le pourquoi du comment, demande. Ça me tuera pas d’le dire. »

Il avait finalement reporté son regard sur Oblivion, avant de sortir ses mains de ses poches et de venir s’installer à côté d’elle. Il avait calé ses coudes sur ses genoux et joint ses mains avant de tourner la tête vers elle. Pour une fois, il ne voyait aucune raison d’être cynique ou quoi que ce soit d’autre. Elle lui avait posé des questions pendant tout le trajet de leur retour, il n’allait pas la laisser partir sans lui en poser une à son tour.

« … Est-ce qu’il y a quelque chose que tu adores, vraiment, et que tu serais prête à faire tout le temps ? »

Il avait ensuite patiemment attendu la réponse, en silence.



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MessageSujet: Re: [résolu] « nothing sweet about me » [OBLIVION]   Mar 23 Avr - 21:30


Je devine la montée d'adrénaline que peut ressentir Light. Ça se voit sur son visage, et sur la façon qu'il a de tripoter encore et encore le même morceau de tissus, sa manche. Crescendo. Je ne sais cependant pas ce qui le rend si nerveux. Il me prend le tee-shirt sèchement. Je réprime à peine un :

“Oh !”

Oh, doucement ! Oh, qu'est-ce que t'as bon sang ? Je l'ai jamais vu comme ça, pas une seule fois. S'énerver, se mettre en colère, oui, mais Light anxieux, nerveux, voire paniqué ? On est dans une autre dimension là, une autre dimension. Je secoue la tête, toujours étonnée par ce qui est en train de se passer. Je ne quitte pas Light du regard. Il s'éloigne dans un coin, à l'abri, près du vestiaire. Il disparaît de mon champ de vision. Je continue de fixer le mur, et j'attends. Il en met du temps, pour mettre un tee-shirt. Et pourquoi il vire, moi je suis pudique madame ? Normalement, Light se serait foutu à moitié à poil devant moi, avec un regard qui dit, tout ce que tu n'auras jamais, très dédaigneux. Mais là non, il se cache. C'est inquiétant, je trouve.

J'hésite à l'appeler quand finalement il réapparaît.

Et là, tout ce que j'arrive à remarquer, c'est que ma bouche reste ouverte comme celle d'un poisson hors de l'eau. Et le bras balafré de Light. Du coude jusqu'au poignet. Une immense cicatrice encore rose. Et puis je me souviens.

Il y a ce pilote – c'est Mercedes qui m'a racontée. Il ne manque pas une seule course, alors que moi, je préfère me rendre la nuit sur les circuits, visiter les décombres des innombrables carcasses laissées là, impossibles à sauver, irréparables. Ils oublient qu'une machine, c'est un véritable puzzle et qu'une pièce est une pièce. Je redonne vie à ce speeder, complètement déchiqueté, écrasé contre un rocher, en utilisant sa batterie, protégée par la carrosserie dans l'accident et oubliée. Certes, il faut bien des courses pour que je puisse faire les miennes. Mais ça ne m'amuse pas plus que ça, de voir des pilotes prendre feu avec leurs speeders. C'est triste de disparaître si vite, pour un simple podium. Il y a quelque chose que je ne comprends pas dans ce sport.

Alors c'était Light, ce pilote. Celui qui se fait exploser, à partir de rien. Il n'y a pas eu de collé-serré avec un autre pilote, pas d'obstacle, rien que la piste de sable bien dégagée. Et le pilote – Light –, qui fait un roulé-boulé avec son speeder, comme ça, par hasard. Mercedes me l'a dit, il le savait avant que ça arrive, mais il ne sait toujours pas pourquoi c'est arrivé. Il a vu un pilote tomber dans le vide, une pluie d'étoiles et puis du sable. En fond sonore, un rire de détraqué. Il savait qu'il allait se passer quelque chose. Et Light tomba. Dans le sable. Light au cheveux comme une pluie d'étoiles. Mercedes ne se trompe jamais. Même le pilote qui se marre, sans aucun doute blessé, grand perdant de la course, au véhicule dans un sale état. Le grand rire qui embarrasse tout le public. Sauf Mercedes.

Je voudrais rire, moi aussi. En découvrant ce bras mutilé. Rire et dire, mais quel con, quel con ! Mais je n'arrive qu'à écarquiller un peu plus les yeux, les pupilles dilatées comme jamais, et je suis Light du regard. Il se déplace jusqu'à arriver près de moi, et je n'ai même pas à lever la tête. Son bras est juste dans mon axe visuel. C'est une belle cicatrice, une sale cicatrice. Ça doit être douloureux, encore aujourd'hui.

Je le regarde toucher son col. De la main gauche. Me débarrasser de mon code-barre ? Gênée, je détourne le regard vers l'horizon. Je déteste qu'on me rappelle ce que je suis. Un objet. Enfin, plus maintenant.

“Je connais quelqu’un qui le fait bien. Je te passerai l’adresse si t’es intéressée.”

Oh. Trop tard. Moi aussi, je connais quelqu'un qui le fait. Je ne dirais pas bien, mais c'est déjà fait. Je caresse ma nuque, et je déplace mes yeux vers le cou de Light, là où il tire son tee-shirt. Je baisse le mien d'un pouce, à l'endroit où se tient désormais un rectangle blanc, comme une tâche de peinture bien nette. Un rire forcé s'échappe de ma bouche.

“Déjà fait.”

Je regarde le caillou qu'il lance de la pointe de son pied. J'aimerais moi aussi donner un bon coup dans le Génie, à cet instant précis. Il a fait exprès. Pour que je ne puisse jamais oublier ce qu'il y avait avant ce rectangle blanc. Il a la même forme que le code-barre.

Je fixe à nouveau son cou. Je le fixe tellement fort que je ne m'entends même pas murmurer :

“Je peux voir ?”


“T’aurais fini par le savoir de toute manière…”

Je sais que je vais regretter immédiatement les mots que je vais prononcer, mais c'est plus fort que moi. Toujours obnubilée par la cicatrice, je lance :

“Savoir quoi ? Que le cinglé qui se plante et qui pouffe comme une jeune fille, c'est Light ?”

Ce n'est pas bien de se moquer, et comme je l'ai dit : je voudrais pouvoir ravaler mes mots à la seconde où ils s'échappent de ma bouche. Mais c'est spontané, je n'y peux rien. Du moins, je me persuade que je n'y peux rien.

“… si tu veux savoir le pourquoi du comment, demande. Ça me tuera pas d’ le dire.”

La réponse est automatique.

“Pourquoi ?”

Je sens que la mécanique est reléguée au second plan, tout de suite. Je désigne du menton une planche à roulette adossée au mur le plus proche de Light, derrière lui. Qu'il la prenne, qu'on s'installe. Quand on bavardera sous son speeder, ce sera plus intime, j'aurai l'impression d'écouter un secret. Ce sera moins difficile, dans l'obscurité, pour lui. Je suppose tout ça.

Il est venu à côté de moi. Je suis intimidée. Après tout, il est un peu comme mon grand frère. Et je le connais à peine.

“… Est-ce qu’il y a quelque chose que tu adores, vraiment, et que tu serais prête à faire tout le temps ?”

Est-ce que j'ai le droit de dire que je n'en sais rien ? Pourtant, lui a pris la peine de me répondre, alors même que mes questions étaient franchement navrantes. De vraies colles. Pourtant, sa question me déstabilise. Qu'est-ce que j'aime ? Qu'est-ce que j'
aime ? La mécanique ? Je n'ai pas envie de dire que je suis prête à bidouiller des engins tout le temps, surtout que je sais pertinemment que ça n'est pas moi, mais un programme implanté dans mon crâne par Alice et son créateur. Je suis douée en mécanique, j'aime bien ça, mais ça n'est pas moi, et je ne suis pas prête à avouer que j'adore ça à Light. Ça ferait de moi quelqu'un de faible.

Une minute passe. Deux. Puis cinq. Light attend toujours ma réponse, en silence. Et moi, je me rends compte que je ne sais pas. Et je trouve ça triste.

“J'ai été créée pour espionner les gens, mais je déteste ça. On m'a implantée le génie de la mécanique, et j'aime passer du temps sous un speeder. Mais j'ai honte de ça. Je veux dire, je passe mon temps à dire que je veux être moi, et je ne vis que pour quelque chose qui ne l'est
pas.”

Je tortille une mèche de mes cheveux autour de mon index.

“Je pense que j'espère qu'en intégrant la Rébellion, je découvrirai des choses sur mon existence, sur ce que je suis. À ce moment-là – je l'espère vraiment –, je saurai ce que j'aime le plus au monde.” Silence. “Peut-être que ce que j'aime n'est pas sur Krash.” Je ris doucement. “C'est stupide.”

Mercedes sourit en me voyant arriver. Il regarde Light qui s'éloigne. Je montre mon pouce, en signe de victoire. Il s'approche de moi et me dit, tout doucement, presque comme un secret :

“Il n'aurait pas mal au bras droit ?”
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MessageSujet: Re: [résolu] « nothing sweet about me » [OBLIVION]   Mer 24 Avr - 9:37


— we all make mistakes —


Il n’avait pas vraiment percuté la question qu’elle lui avait posée. Il avait juste compris que, voilà, elle n’avait déjà plus son code-barres. Bah, tant mieux pour elle. Et ç’a été seulement quand il s’était installé à côté d’elle qu’il avait enfin réalisé qu’elle lui avait demandé quelque chose. Il avait percuté parce qu’il se souvenait qu’elle avait fixé son cou, même après qu’il avait fini de tirer sur son col.
Alors, il avait légèrement descendu le sien, au niveau de sa nuque. Pas de code-barres non plus. La peau était un peu plus claire, c’est tout. Pas de forme bien définie, juste une tache un peu plus claire que le reste, et plus aucun code-barres. Plus de barres, plus de chiffres qui se suivent. C’était du passé, ce numéro de fabrique, cette espèce d’immatriculation, de signe de reconnaissance. Il n’en voulait pas.
Il n’en avait jamais voulu, c’est pour ça qu’il l’avait fait enlever.


Tout ce qu’il retient de ce moment-là, celui où il réapparaît, c’est qu’Oblivion a l’air d’un poisson qu’on sort de l’eau. Bah tiens ! comme si elle allait rester de marbre… Si même Jezee, avec qui pourtant il est en froid, a fait une tête étonnée, c’est pas Oblivion qui va rester impassible en voyant ça. Elle a tout à fait le droit d’être étonnée, d’ailleurs. Il n’a jamais rien dit à personne, concernant cette cicatrice. Qu’il s’est magnifiquement planté ce jour-là, c’est pas une nouveauté, ça pourrait à la limite entrer dans un livre. Mais la cicatrice, non. Jusqu’ici, les deux seules au courant étaient Jézebel et RAM. Personne d’autre.
Même pas Stargazer. Il ne lui avait rien dit non plus. Parce qu’il n’avait pas envie d’entendre les traditionnels « mais faut que t’arrêtes, maintenant » ou les « c’est trop tard ». Non, non, et non. C’est pas trop tard, et il n’arrêtera pas les courses à cause de ça. Faut pas rêver.

Ce qui le gêne un peu plus, en revanche, c’est que sans tourner la tête vers Oblivion, il sent qu’elle le fixe. Ou plus exactement, qu’elle fixe la balafre. Ça l’énerve encore un peu plus mais il n’en laisse rien paraître, et intériorise encore une fois en restant, lui, les yeux rivés sur le speeder. Il ne sait pas s’il attend qu’elle dise quelque chose ou s’il aimerait juste qu’elle se taise.
Du moment que la conversation peut tourner sur autre chose que la cicatrice que lui a laissé la chaîne du speeder, il en sera content. Il sait qu’il ne pourra vraiment pas la cacher plus longtemps, mais au moins, la discussion ne tournera pas autour.

« Savoir quoi ? Que le cinglé qui se plante et qui pouffe comme une jeune fille, c'est Light ? »

… Ou pas.
Il reste totalement de marbre à la remarque l’espace de quelques secondes, puis son visage se ferme. Il baisse les yeux, serre machinalement les poings et essaie d’ignorer la réplique. Merci, ça fait toujours plaisir. Il essaie aussi de faire en sorte que sa respiration soit un peu moins saccadée. Putain, merci Oblivion ! mais alors là, merci ! Toujours le mot gentil, toujours l’art de poser le doigt sur le problème, Oblivion. Elle aurait franchement pu tourner sa phrase autrement. Il ne savait même pas encore pourquoi il avait pu rire à ce moment-là. Mais alors rien. C’était arrivé, point barre, il allait pas chercher plus loin.
Mais bordel, elle aurait vraiment pu formuler sa remarque autrement. Là, il a juste l’impression qu’elle remue le couteau dans la plaie, voire qu’elle y enfonce un clou avec une cloueuse électrique.

Et puis elle demande pourquoi. Elle demande pourquoi, et lui désigne une planche à roulettes appuyée au mur, à un ou deux mètres de lui. Il réprime un soupir, une envie de frapper dans quelque chose et se relève pour aller chercher la planche, non sans jeter un regard noir à un des autres mécaniciens en sentant qu’il le fixait. Il reste immobile quelques secondes, l’air de dire « quoi ? tu veux la même peut-être ? » puis attrape la planche.
Pourquoi. Oblivion lui a demandé pourquoi il se trimbale désormais cette cicatrice. Il ressasse la question alors qu’il n’aurait qu’à y répondre le plus simplement du monde.

Il l’écoutait répondre, tranquillement, sans rien dire. Sans émettre quoi que ce soit, pas la moindre objection. Lui aussi, il est un peu dans ce cas-là. Ils sont tous dans ce cas-là. Ils ont tous été créés pour aimer quelque chose en particulier, ça leur donne un sentiment de liberté, mais au final ? Ils ont été créés pour ça. Il n’avait jamais réfléchi à la chose sous cet angle, mais Oblivion n’a pas tort du tout.
Lui, il prenait plutôt ça comme une preuve qu’il pouvait encore faire ce qui lui plaisait. Que ç’avait beau être un programme, il pouvait encore déroger à certaines règles en y implantant les siennes. Ses règles pour faire des tours de piste seuls dans le désert ou sur le circuit.

Rien que ses règles à lui.

Il avait souri un peu et l’avait regardée triturer une mèche de cheveux.
Oui, au final, c’est stupide.

« Côté idiot, je trouve qu’il y a pire. »

Il avait dit ça sincèrement.


Il reste là, avec la planche dans les mains depuis au moins une bonne minute. Il continue de ressasser le « pourquoi » d’Oblivion. Pourquoi ? Bah parce qu’il s’était planté comme un con pour avoir tourné la tête à cause de Jézebel à qui il avait formellement interdit de revenir le voir parce qu’ils s’étaient tout récemment brouillés et qu’en bon crétin il lui en voulait encore comme pas permis ? Il fixe un point quelque part et ressasse. Il ne dit rien, il ne bouge pas. Il se contente de repenser à la même chose. A la remarque acide d’Oblivion et à son fameux « pourquoi ». Il n’aurait jamais dû lui dire qu’elle pouvait demander. Jamais.

Et puis finalement, c’est trop en une fois.

Il jette la planche au sol d’un geste rageur, et se tourne vers Oblivion.

« Pourquoi ? Bah parce que je me suis planté comme un con, voilà pourquoi ! J’me suis planté comme un con et la chaîne du speeder a décidé de me laisser un souvenir, tant qu’à faire ! Je sais pas pourquoi j’me suis mis à rire après m’être gaufré, si tu veux avoir tous les détails. J’en ai pas la moindre foutue idée, je sais juste que OUI, j’étais mort de rire pendant cinq minutes avant de me casser la gueule une deuxième fois et de finir la course allongé dans le sable avec l’écorchure qui prenait la poussière ! »

Il est énervé.
Il détourne la tête en serrant les poings. Il a envie de frapper dans quelque chose ; dans quelqu’un, aussi, pourquoi pas. Est-ce que ça aurait été pareil si elle avait été au courant depuis longtemps ? Il n’en sait rien. Mais là, il est énervé. Il a réussi à intérioriser deux pauvres petites questions. L’une des deux était plus railleuse que l’autre, certes. Mais ce n’est pas la première fois qu’on lui fait ce genre de piques. Il le prend un peu plus mal que d’habitude parce que c’est Oblivion qui lui dit ça. Et qu’il était venu lui demander de l’aide au début.
Il le prend un peu plus mal que d’habitude parce qu’il aime bien Oblivion, en fait.

« Tout ce que je sais maintenant c’est que je peux bouger sans que ça me fasse un mal de chien et que j’en tombe presque dans les pommes ! Et NON je le vis pas bien DU TOUT ! Non, madame ! Ça fait des semaines que je me traîne ça ! T’étais même pas encore dans la rébellion que moi j’me plantais lamentablement sur le sable de la piste ! Si j’avais su ce jour-là, celui où j’ai dû te servir de guide, JE SERAIS RESTÉ CHEZ MOI À FIXER LE MUR DE MA CHAMBRE ! »

Il donne un coup de pied dans la planche à roulettes qui glisse le long du mur et finit par terre. Il se rend bien compte qu’il a dû attirer l’attention de pas mal de mécaniciens et les fixe d’un air sombre. Un mélange d’anxiété et de colère, très momentanée, mais très explosive. Ils foutent quoi à le fixer ?

« … Quoi ? Vous avez rien de mieux à faire ? Si vous voulez la même sur vos tronches ça peut s’arranger très vite ! »

Il répond toujours par l’offensive.
Il jette un dernier regard à Oblivion avant de sortir d l’atelier le plus rapidement possible.

Il l’a laissée. Son tour de guide était fini, enfin. Il allait pouvoir rentrer chez lui, et se remettre à tourner en rond et ressasser, comme d’habitude. Il avait jeté un dernier regard derrière lui avant de tourner à l’angle d’une ruelle. Dès qu’il a été sûr d’être hors de portée de tout regard, il s’était adossé au mur, et laissé glisser jusqu’au sol. Il avait ramené ses jambes contre lui, calé son bras entre ses côtés et ses genoux, posé sa tempe sur sa rotule et attendu, en se mordant la lèvre, que la douleur qu’il ignorait depuis le début de la journée daigne cesser.

Il avait absolument voulu être seul.


Il reste là, assis au bord du trottoir, les coudes calés sur les genoux, les doigts joints. Il fixe les cailloux qui s’éparpillent un peu partout sur la chaussée. Il s’est remis à ressasser. De temps en temps, il jette un œil à la cicatrice qui parcourt son bras, du poignet jusqu’au coude. Laissée par la chaîne du speeder.
Foutu obstacle planqué dans le sable. Il ne l’a vraiment vu qu’au dernier moment.

Il se mord la lèvre. Ça continue de lui faire mal encore maintenant. Quoique moins. Beaucoup moins. Ça finira par disparaître, avec le temps, c’est sûr. Mais en attendant, ça continue.
Et lui il reste là, au bord du trottoir, à attendre que les choses se tassent à l’intérieur. Ça ne fait pas longtemps qu’il est sorti. S’il avait pu claquer une porte, il l’aurait fait. Mais il ne l’a pas fait. Parce qu’il n’y avait pas de porte à claquer. Alors il s’est contenté de s’installer là, juste devant l’atelier, dehors, à regarder le vide apparent du secteur C.

Plus il y repense et plus il se sent nul. Nul, et atrocement crétin, pour ne pas dire, vraiment con. Il se mord un peu plus la lèvre. En y repensant, il a envie de pleurer. C’est la première fois que ça lui arrive et il ne s’en sent que plus con encore.
Il arrête de regarder la cicatrice mais l’envie reste là.

Il baisse la tête.

« … j’suis vraiment qu’un pauvre con… »


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MessageSujet: Re: [résolu] « nothing sweet about me » [OBLIVION]   Mer 24 Avr - 16:16


Je hausse les épaules. Parfois, je ne comprends vraiment pas ce que Mercedes raconte. J'ai l'impression d'être plus jeune que lui, alors que je suis dans le jeu depuis plus longtemps. Le hic, c'est qu'avant Krash, lui, il était déjà quelqu'un. Pas moi. J'attrape ma salopette de travail pendue à un cintre, qui repose lui-même sur un fil de pêche tendu le long du mur du fond. Je regarde, avec Mercedes, la silhouette de Light qui disparaît au détour d'un coin, inaccessible à l’œil du commun des mortels.

“J'ai pas fait gaffe.”

Et puis, alors que je me dirige vers le vestiaire, pour me changer, Mercedes me suit et me raconte une histoire. Déjà un mythe. Le pilote qui se plante sans raison apparente et dont le rire fait écho jusqu'au secteur B. Je me moque un peu, comme si Mercedes plaisantait, comme il le fait toujours. Après tout, je n'y étais pas, ça ne pourrait être qu'une légende urbaine de plus.


Finalement, toutes les pièces du puzzle se recollent bien un jour. Tôt ou tard, on se rend compte qu'on a laissé passer des choses essentielles, et bloqué sur des événements moins importants. Je fais glisser mon regard fluo le long de la cicatrice sur son avant-bras, jusqu'à son épaule, sa nuque, sa mâchoire, son nez, ses yeux. Il n'est pas ravi de ma remarque, et ça se comprend. Moi-même je suis désolée qu'il ait eu à écouter cette connerie. Mais il y a des choses qu'on ne contrôle pas et qui, au bout du compte, s'effacent rapidement, d'elles-mêmes.

Il est remonté contre tout le monde. Même la planche immobile doit sentir la poigne d'acier qui l'entrave, et prier en son for intérieur que Light ne la brise pas en deux. Je regarde les mécaniciens qui observent la scène de loin, plus ou moins intéressés. Je n'ai pas envie de sourire, l'air contraint, comme si je m'excusais de son comportement. De toute façon, les regards meurtriers sont partis et il m'est impossible de les récupérer. Ça n'est pas leur affaire, en plus, et ils n'ont que ce qu'ils méritent. En définitive, Light est un lion en cage et je suis presque là, la clef à la main, à deux centimètres de la serrure. Et ma remarque est le geste de l'objet qui rentre dans le trou. Il ne faut plus que tourner la clef à l'intérieur et pousser la porte.

“Pourquoi ?” est ce mouvement. J'aurais du m'en douter, qu'il n'acceptait pas vraiment de m'en parler, que ça ne le dérangeait pas, mon œil. Encore une fois, j'ai joué de confiance et, trop aveugle, j'ai ignoré les signaux qui disaient, danger, danger, menace de mort et je suis plongée dans le bain d'acide. C'est stupide.

Boum. Le bruit sourd de la planche à roulettes qui s'écrase sur le sol. Elle perd une de ses petites roues en caoutchouc. C'était obligé que ça finisse comme ça. Le lion n'a pas attendu que je lui montre la direction, il est sorti comme une furie et m'a mordue la main. Sale bête. Il rugit dans mes oreilles, dans celles de tout le monde. Il pousse un rugissement féroce. Il évite cependant la confrontation, alors qu'il aurait pu l'emporter. Je suis encore un peu choquée par la vitesse à laquelle vont les événements. Il y a à peine deux secondes, on était en train de s'installer pour examiner son speeder et maintenant, j'en suis presque à me boucher les oreilles, ou le tirer vers l'appartement du fond que je partage avec Mercedes, pour lui foutre deux claques dans l'intimité avant de le foutre dans la douche, l'eau froide à la pression maximale sur son visage en furie.

Ses poings sont serrés, alors je préfère ne pas m'approcher. Dans ces moments, j'ai appris que la meilleure solution, c'est de la fermer, de garde son propre calme et d'attendre que l'orage passe. Sauf quand on a fini de se battre – et de recevoir des coups par la même occasion.

Il a l'air... vexé.

“Calme-toi”, je marmonne, d'une voix presque inaudible. Je n'aime pas qu'il se donne en spectacle devant tous ces gens. Parce qu'évidemment, la population entassée dans les garages et les alentours a maintenant les yeux – et les oreilles – littéralement rivés sur nous. Depuis que Light a balancé la planche, en fait.

“Caractère difficile, hein.”

C'est une affirmation. Que je ne peux laisser passer. Je sors la tête du moteur à combustion et dévisage Mercedes, toujours en train de trafiquer le bracelet d'une nana à moitié habillée.

“Bof. Il aboie plus qu'il ne mord, je pense.”

Déjà, j'avais pris l'habitude de vouloir défendre Light.


“T’étais même pas encore dans la rébellion que moi j’ me plantais lamentablement sur le sable de la piste ! Si j’avais su ce jour-là, celui où j’ai dû te servir de guide, JE SERAIS RESTÉ CHEZ MOI À FIXER LE MUR DE MA CHAMBRE !”

J'écarquille les yeux, et je suis partie pour bloquer sur ces phrases comme un vieux cd rayé. D'abord, je retourne dans le temps, je me souviens des paroles de Mercedes. Il savait. Pire, j'aurais pu savoir, si j'avais été un peu plus maligne. Et puis, bien sûr, même si je suis persuadée, tout au fond de moi, que Light ne me déteste pas tant que ça, j'ai mal. Mes paupières me piquent. Oh non, tout mais pas ça, pitié. Je serre à mon tour les poings. Pas pour éviter de briser les os de mes phalanges contre un mur, mais pour éviter de passer pour une pleurnicheuse de première catégorie, pas capable d'encaisse une seule remarque.

Je le regarde sans le regarder vraiment shooter dans la planche. Comme si elle n'avait pas déjà assez souffert comme ça. Je regarde toujours la planche qui s'éloigne de Light, en douceur, lorsqu'il sort de l'atelier. Je me demande si je devrais aller le voir, ou bien le laisser seul. Est-ce qu'il avait mal au bras, ce jour-là ? Est-ce pour cela qu'il n'utilisait pas beaucoup sa main droite ? Je l'ai embêté alors qu'il devait souffrir le martyre, à devoir m'expliquer et répondre à des questions pourries.

Mes pieds décident d'eux-mêmes de leur direction.

“… j’ suis vraiment qu’un pauvre con…”

Je m’assois près de lui, sur le bitume crevassé. Je tortille une mèche de mes cheveux, qui s'est échappée de ma queue de cheval. Je serre mes genoux, les plie. Je fixe l'horizon. J'ai l'impression de revivre un moment passé, et j'ai l'impression que ce moment passé date d'une éternité. Ça ne fait même pas deux mois.

“C'est pas moi qui vais dire le contraire.”

Je tourne mon visage vers celui de Light.

“Mais côté idiot, je trouve qu'il y a pire.”
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MessageSujet: Re: [résolu] « nothing sweet about me » [OBLIVION]   Mer 24 Avr - 17:39


— i can't find the words to say —


Il y a des choses qu’il aurait préféré ne jamais dire. Ne jamais penser, à la limite. Des choses qu’il aurait préféré garder pour lui quitte à s’étouffer avec. Il n’en veut pas foncièrement à Oblivion. Il lui en veut pour sa remarque assez acerbe, mais pas pour le fait d’avoir dû lui servir de guide pendant une journée. Et lui, il s’en veut d’avoir hurlé les premiers mots qui lui venaient à l’esprit après qu’elle ait demandé pourquoi. Oui, pourquoi. Elle avait le droit de demander pourquoi, il lui avait même dit qu’elle pouvait. Il n’avait pas pensé un seul instant que la question lui ferait l’effet d’une gifle ou de quelque chose dans le genre. En quelques minutes à peine il avait assez ressassé pour avoir envie de mettre son poing dans la figure du premier qui s’approcherait.
Et bon sang ce qu’il regrette ce qu’il lui a dit dans l’atelier. Il a envie de faire demi-tour, de revenir dans l’atelier pour lui dire qu’il est désolé. Pas dans ses habitudes, certes. Mais Oblivion est une des seules personnes qui réussissent à le supporter, et il l’aime bien. Avec les autres, ça ne fait pas aussi mal de dire des trucs pareils. Avec les autres, ça ne fait même rien du tout, puisque la plupart des autres, il ne les aime pas.

C’est très intéressant à fixer, le sol.

Il était resté contre le mur une bonne dizaine de minutes. Quasiment cinq le temps que la douleur passe, pendant lesquelles il avait eu le temps de donner un coup de tête dans le mur derrière lui dans un vain espoir de détourner la douleur. Au final, ça ne l’avait fait que marmonner un juron parce que ça n’avait rien détourné du tout. Et puis cinq autres parce qu’il voulait pouvoir se lever sans tomber directement après. Il avait déjà testé, se relever direct. Et c’était pas un bon plan, du tout.
Surtout que là, y avait un mur.

Il se l’était déjà pris une fois, il ne comptait pas se le prendre une deuxième fois.

Et puis il pensa à Oblivion. Est-ce qu’elle avait remarqué… qu’il se servait plus de sa main gauche que de sa main droite ? Est-ce qu’elle avait remarqué que parfois il tiquait parce que la douleur devenait plus forte que d’autres fois ? Est-ce qu’elle avait remarqué tout ça ?
… est-ce qu’elle avait remarqué la bande qui lui couvrait le poignet quand sa manche remontait un peu ?

Il s’était mordu la lèvre. Non. Elle n’avait manifestement pas remarqué puisqu’elle n’avait posé aucune question à ce sujet. Ou alors elle n’avait pas jugé bon de poser une question à ce sujet. D’un côté, ça ne lui ressemblait pas, mais il ne lui avait pas vraiment fait bonne impression dès le début. Rien que pour ça elle aurait pu éviter de lui poser une question à ce sujet. Non ?

Il avait soupiré.
C’était pas vraiment le moment de tergiverser sur la question…
Il avait envie de rentrer chez lui et d’aller dormir.


« C'est pas moi qui vais dire le contraire. »

Il sursaute et tourne légèrement la tête.
Bah tiens, qui voilà donc… Finalement il soupire, cale son front contre sa main, le coude sur le genou, et se remet à fixer le sol. Elle a pas tort du tout, vraiment pas tort. Il est le crétin fini. Le pauvre crétin même pas foutu de rester calme quand la situation le recommande. Non, en fait, il n’a pas tellement envie de retourner dans l’atelier. Il sait ce qui l’y attend. Des regards atterrés et de nouvelles envies de frapper sur le premier venu. C’est finalement pas une bonne idée du tout d’y retourner, mais il ne va pas non plus avoir le choix. Il va bien devoir y aller pour aider Oblivion. Il a quand même accepté de lui filer un coup de main.
Il s’est déjà énervé pour presque rien, ce serait vraiment salaud de la planter là avec une inspection complète du speeder à faire. Si elle veut laisser tomber, il le comprendra très bien.
Et le sol, c’est sacrément intéressant à fixer. Il s’y passe vraiment rien, c’est génial pour détourner l’attention et faire du genre « non je suis pas là ».

Et il sait qu’elle le regarde, sinon le fixe. A la limite, il s’en contrefout. Il préfère fixer le sol et son absence totale de quoi que ce soit. Le sol, au moins, il ne dira rien. On aura beau lui marcher dessus il restera muet.
Même si c’est pas une vie de devoir se taire tout le temps.

« Mais côté idiot, je trouve qu'il y a pire. »

… Il la connaît bien, cette réplique. Il cligne des yeux, tourne légèrement la tête vers Oblivion, l’air étonné. S’il s’attendait à ça… Non, pas du tout. Il y a bien un truc auquel il ne s’attendait pas, c’est ça. Ça le fait légèrement sourire, assez nerveusement. C’est drôle. Qu’elle ait l’idée de recycler cette réplique stupide qu’il avait dite il y a déjà deux mois de ça. Il ne sait même pas pourquoi il avait dit ça. Il l’avait dit, c’est tout.
Ça lui fait bizarre de réentendre ça.

Mais si elle savait… Si elle savait à quel point c’est dur de trouver plus con. Des conneries, il en fait tous les jours. Et la plupart du temps, sans raisons. Juste parce qu’il a envie d’en faire. S’énerver aussi, il le fait tous les jours ou presque. Il n’y a pas une minute de sa vie qui ne passe pas sans qu’il trouve le moyen de s’énerver pour quelque chose. C’est plus fort que lui.
Comme le fou-rire. Ça aussi, c’est plus fort que lui.

Il se retrouve là, à rire comme un idiot, assis au bord du trottoir. Ça lui rappelle la fois où il s’est planté. Là aussi il avait ri en voyant l’état du speeder. Ça n’avait rien de drôle, mais lui, il avait ri. C’est vraiment plus fort que lui. C’est s manière d’évacuer la tension, en quelque sorte. Même à des kilomètres ça se remarque, que son fou-rire est tout ce qu’il y a de plus nerveux et qu’il ne va pas durer plus que les quelques deux minutes qu’il a déjà prises.

Ça n’a pas duré.

Deux minutes, à peine. Pour qu’il passe du fou-rire nerveux aux larmes. Quand elles ont commencé à apparaître au coin de ses yeux, on pouvait se dire que c’était dû au rire. Non. Cette foutue envie de pleurer qu’il a depuis une dizaine de minutes a fini par l’avoir. Il baisse la tête et se mord la lèvre en laissant les larmes rouler le long de ses joues et finir leur course sur le tissu du t-shirt. C’est con, n’est-ce pas ?
Oui c’est con. C’est con mais c’est comme ça. C’est bizarre, mais c’est comme ça. Et lui il ne bouge pas, il reste là. Il attend de se calmer de lui-même. Si c’est possible, bien sûr.

Il se fout des autres, pourquoi est-ce que ça lui fait cet effet-là de savoir que sa cicatrice est au vu et au su de tous ? Il n’en a rien à cirer, bon sang ! Ça lui est égal… Non, ça ne lui est pas égal.
C’est con, mais c’est comme ça.
Il se remord la lèvre. Si ça continue, il va y faire une entaille. Un peu comme celle à sa tempe, qu’il a oubliée parce que le sang a coagulé et qu’il ne sent rien. Y a des trucs comme ça qui font pas mal. Pas comme son bras qui lui donne l’impression d’avoir des aiguilles du bout des ongles à la clavicule.
Ça, ça fait mal.

Il se tourne légèrement vers Oblivion.

« … c’est con… hein ? »

Oui c’est con.
C’est con mais c’est comme ça.

Il avait laissé la porte de son appartement se refermer, avait ôté sa veste et l’avait laissée traîner sur le canapé. Il s’était ensuite enfermé dans la salle de bain le temps de prendre une douche, avait troqué ses vêtements du jour contre un pyjama quelconque, puis avait baissé le store de la fenêtre de la chambre. Finalement il s’était laissé tomber sur le lit, avait fixé le plafond de longues minutes.
Dès qu’il fermait les yeux il avait l’impression que la douleur revenait.

Il avait jeté un coup d’œil à son T.H.O.R. Toujours pas de réponse. Le dossier était toujours sur la chaise.

Tout compte fait, il s’était tourné face au mur et avait fermé les yeux en se mettant à somnoler.



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MessageSujet: Re: [résolu] « nothing sweet about me » [OBLIVION]   Mer 24 Avr - 20:21


Ses épaules se soulèvent. Se baissent. Se relèvent. Se rebaissent. Il rit. Light rit. On est là, comme des cons, à essayer de se réconcilier alors qu'en fait, ça ne sert à rien. L'un de nous dira toujours une énormité qui mettra l'autre en rogne, mais on en prendra jamais vraiment rigueur et les brouilles s'effaceront comme une trace sur le sable disparaît avec la brise. Pour l'instant, je ne comprends pas bien. Je ne comprends pas bien, mais ça me va. Si Light explose de rire, c'est que ça va, non ? Je l'observe se gigoter d'avant en arrière, se gondoler comme si je venais de dire la chose la plus marrante au monde. J'en déduis qu'il a compris l'allusion. Je ne pensais pas que ça le ferait marrer à ce point. Marrer tout court, en fait.

Je serre les doigts de mes mains entre eux, balançant ce poing reconstitué entre mes genoux ouverts. Je le dévisage cinq secondes, me persuadant que l'orage est passé et que les nuages se sont effacés, laissant place à un immense soleil radieux. Je suis toujours beaucoup trop confiante et je nie facilement l'évidence quand les faits ne me conviennent pas. Alors mes lèvres s'étirent jusqu'au début de ma mâchoire. Je souris. Je pouffe un peu. Son rire forcé est contagieux. Je nous trouve ridicules. Je nous trouve tordants, à mourir de rire. Je renverse ma tête vers l'arrière et je suis sûre que mon rire peut s'entendre jusqu'au secteur A.

Je glousse encore quand Light s'arrête. Il ne s'arrête pas pour reprendre son souffle. Il s'est arrêté net, comme s'il venait de se prendre un bus en plein dans la tronche. Je m'esclaffe une dernière fois et puis je tourne mon visage vers celui de Light. Mon sourire se fane, mes joues retombent.

Ses épaules s'affaissent. Et ne se relèvent plus. Il ne rit plus. Light ne rit plus.

Un chemin se dessine sur sa joue, celle que je peux voir d'où je suis assise. Je devine son jumeau de l'autre côté. C'est comme si on me plantait un poignard dans la cœur. J'ai une boule coincée dans la gorge. À cause de la poussière ambiante venant tout droit du désert, ses larmes créent un réseau bien défini, une teinte plus claire que le reste de sa peau. Je commence à lever une main vers son visage, je tends l'index, je suis à quelques centimètres.

Et puis mon bras retombe aussitôt. Je ne sais pas si ce serait bien de faire ça. Je ne sais pas consoler les gens qui pleurent, je ne sais pas deviner les émotions, les secrets, les mensonges. Je suis nulle.

Light se mord la lèvre.

“… c’est con… hein ?”

Il se mordille de nouveau la lèvre.

Allongée sur mon lit – en fait un simple matelas posé à même le sol –, je fixe le plafond, les anomalies du crépi blanc, les irrégularités dans la peinture. Je cherche le sommeil. La journée est passée comme un rêve : les moments sont flous et paraissent irréels. Je cherche du bout du cerveau la vérité, les choses importantes que j'aurais manquées. Ce matin, j'ai rencontré Light. Et Mercedes, comme à chaque fois que je rencontre quelqu'un, a donné ses espèces de prémonitions incompréhensibles qu'il ne veut pas me déchiffrer.

Il est question d'un bras.

Je ne sais pas comment, mais je devine que tout le nœud du problème est là. Le truc, c'est que je ne vois pas de problème.

Pas encore.

Je ferme les yeux. Le sommeil ne vient pas. Je caresse du bout des doigts la marque blanche dans ma nuque, là où se devine le code-barre endommagé. C'est comme une peluche, quelque chose de rassurant, finalement, qui sera toujours là. Les humains ont leur nombril, mais pour les Ombres, un nombril, ça ne veut rien dire. C'est juste pour faire semblant, pour faire comme eux. Symboliquement, notre code-barre correspond à leur nombril et nous les Ombres avons tous la même mère.

Je m'endors et j'imagine le monde de dehors.


Je ne veux plus qu'il pleure. C'est insupportable. Il est censé être mon aîné, mon guide. Il ne peut pas se permettre de flancher comme ça, de me faire douter.

Mais il y a ce sentiment qui grandit peu à peu en moi. C'est la première fois que je vois Light se comporter comme un joueur. Un humain.

“J'ai trébuché sur une idée...”, commence Mercedes.

C'est sa comptine préférée. C'est sa mère qui lui chantait.

“... M'y suis cassé le nez.”

Il me l'a apprise. Comme un père.

“Je suis tombé...”

Et nous finissions ensemble, totalement faux.

“... Sur le hasard.”


Light était destiné à devenir mon guide, et c'était ma destinée de devoir le supporter. Depuis le début, l'ordre des choses avait été décidé, et nous n'avions absolument rien à redire. Le Destin lui-même avait prévu que nous n'en voulions pas. C'était en quelque sorte prédestiné. Ironique.

Je pose ma main sur son bras, celui qui est le plus près, le droit. Je la pose une fraction de seconde, juste pour que la douleur se diffuse jusqu'à son cerveau, langoureusement, et qu'il fasse attention à moi.

“Light”, je commence.

Je remets ma main à sa place, sur mon genou.

“Arrête de pleurer.” Je le fixe. “Tu peux courir, malgré la blessure ?”

J'ai une idée.

“Allez, dis-moi ce que tu souhaites le plus. Je relève le défi.”

Je bombe un peu le torse. Je ne sais pas enlacer quelqu'un et lui dire, chut, tout ira bien, tout ira bien, lui caresse le dos et calmer sa douleur.

Mais j'ai un génie dans ma poche, sans rire, le Génie.
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MessageSujet: Re: [résolu] « nothing sweet about me » [OBLIVION]   Mer 24 Avr - 21:52


— it's my come back on the road again —


Il sent très bien le contact de sa main sur son bras et ça lui arrache un frisson glacé. Juste avant que la douleur ne se propage un peu partout, de ses ongles jusqu’à sa nuque et ne lui fasse se mordre la lèvre un peu plus. Une énième larme vient tracer un nouveau sillon salé sur sa joue. Un mélange. Un mélange de la douleur et de tout le reste. Il créé une petite entaille dans la peau de sa lèvre, assez profonde pour qu’elle se mette à saigner légèrement. Il a un goût de sang dans la bouche. Et la douleur, dans tout ça ? Elle est toujours là. Il a de nouveau l’impression qu’on plante des aiguilles partout autour de la cicatrice, qu’on a placé des bandes chauffantes, qui chauffent trop, dessus. C’est encore supportable, mais ce n’est pas non plus assez faible pour qu’il puisse l’ignorer comme ça. C’est l’entre-deux. Il déteste cet entre-deux. Parce que généralement, tout ce qu’il peut faire, c’est attendre que ça passe. Pourquoi est-ce que ça doit encore faire mal, cette connerie ?
Pourquoi est-ce que ça ne peut tout simplement pas devenir indolore ? … S’il ne s’était pas planté, il n’aurait rien eu. Mais il évite de penser à ça parce que ça l’énerverait encore plus, et dans son état actuel, ça finirait un peu en catastrophe. Il finirait vraiment par frapper quelqu’un. Et la seule personne à portée de main, c’est Oblivion.

Il s’en voudrait à mort s’il la frappait.

Mais bon sang…

… ce que ça faisait mal, cette connerie.

Ça l’avait réveillé en pleine nuit. Il s’était endormi tôt, aux alentours de vingt-deux heures. Voire avant. Et quelque part entre minuit et une heure, ça l’avait tiré du sommeil. Au début, il était encore dans le brouillard, il n’avait pas senti grand’chose. Quand il avait enfin émergé, ça avait été pire que tout. Dès qu’il avait essayé de bouger ses oreilles s’étaient mises à siffler. Il avait voulu se lever, et était retombé à moitié conscient sur son lit. Il pensait à la boîte d’antalgiques sur sa table de nuit.
Seulement il n’avait pas réussi à bouger pour l’atteindre, à chaque nouvelle vague de douleur il se recroquevillait un peu plus sur lui-même en se mordant la lèvre, en priant pour que ça cesse. Il ne savait pas combien de temps ça avait duré, si ç’avait été quelques minutes ou une heure. Mais le temps était passé avec une lenteur atroce et dès qu’il avait pu bouger, il n’avait réussi qu’à se casser la figure de son lit et rester à fixer le plafond en attendant que la nausée passe.

Au final il avait tourné en rond dans son appartement jusqu’à deux heures et demie, avant de s’endormir dans son canapé, trop claqué pour rester plus longtemps les yeux ouverts.

Il devait se réveiller pour sept heures maximum.
Son réveil était dans sa chambre, il ne l’avait pas entendu.

Quand il avait finalement émergé aux alentours de midi, il n’avait fait que soupirer.
Décidément…


Elle l’a appelé.
Et lui, il n’a pas tilté. Il n’a pas tilté parce qu’il se concentrait plus sur la douleur que sur la présence de son amie. La douleur est toujours plus imposante. Elle a le don pour faire savoir qu’elle est là et qu’elle ne bougera pas de si tôt. Mais là, elle était partie. Elle était partie parce que quelque chose d’autre capte son attention, désormais. Ce n’est vraiment pas grand’chose, mais ça suffit pour occulter un minimum la douleur et la rendre encore plus supportable. C’est comme un mauvais souvenir, maintenant.
Et tout ça parce qu’Oblivion lui parle.

« Arrête de pleurer. »

Plus facile à dire qu’à faire. Pourtant il lève sa main gauche pour effacer les traces des larmes sur ses joues, d’un bête revers de poignet. D’accord, il va essayer. Ce n’est pas garanti que ça se fasse de suite, mais il va essayer. Pas pour la dignité, ça fait longtemps qu’il n’en a plus, là.
Mais bon ; à la limite, il s’en fout.

Elle le fixe.
Et il la fixe aussi.

« Tu peux courir, malgré la blessure ? »

Il hoche la tête. Il hoche juste la tête. En silence. Il ne fait aucune remarque du genre « tu crois vraiment que je vais les laisser m’écarter du circuit ? » ou encore « non mais ils peuvent rêver pour que j’arrête ». Il se contente d’opiner du chef, en passant de nouveau sa main près de ses yeux pour empêcher les larmes de retourner faire leur chemin sur ses joues.
Ce qu’il souhaite le plus ? Ah bah ça, s’il le savait, il l’aurait déjà dit… Là, actuellement, ce serait réussir à se calmer, mais dans un souci très bête d’amour propre, il préfère encore essayer seul. C’est con, mais c’est comme ça et puis c’est tout. Peut-être qu’il lui reste de la dignité, en fait, tout bien réfléchi.

« Je relève le défi. »

Ça le fait sourire. Oblivion a l’art de poser des colles, mais elle a, mine de rien, une manière bien à elle de remonter le moral. En tout cas, entendre ça remonte sensiblement le sien de quelques niveaux.
Il inspire à fond, finit par soupirer et achever de se sécher les yeux.

« … OK… »

Maintenant, réussir à dire ça calmement. Il se doute bien que sa voix est encore étranglée, mais là, sur le moment, ce n’est pas ce qui lui importe.

« … Déjà, ce que je souhaite le plus au monde, j’en sais fichtre rien… Mais quand je le saurai je te le dirai. … Si j’ai pas oublié d’ici là. »

Petit sourire.

« … Et je vais t’avouer un truc qui va pas nécessairement te faire plaisir par-dessus le marché. »

Huh.
Comment dire ça ,

« Y a vraiment un truc qui déconne avec le speeder. J’ai dû m’y reprendre à trois fois pour le faire démarrer. … Je te l’avais pas dit avant parce que je voulais t’emmerder un peu. »

Le sous-entendu c’est : tu m’en veux pas, hein… ?


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MessageSujet: Re: [résolu] « nothing sweet about me » [OBLIVION]   Jeu 25 Avr - 19:19


Il sèche ses larmes. Il m'obéit vraiment, c'est dingue. Je crois bien que ce jour est à marquer d'une pierre blanche. Je ne me suis jamais sentie supérieure à Light – non pas que je me sente ainsi aujourd'hui –, mais là, tout de suite, j'ai l'impression tenace que nous avons échangé les rôles. Il m'a écouté.

“Mais quand je le saurai je te le dirai.”

J'esquisse un sourire rapide. Ce qu'il est compliqué, finalement. Après tout, on souhaite tous mille choses. C'est plutôt sage de ne choisir aucun des vœux, de peur d'en utiliser un qui vaut moins qu'un autre, qu'on n'a pas eu en tête. Oui, Light, tu as beau ne pas aimer les colles, tu joues pourtant le jeu avec une grande réflexion.

“… Et je vais t’avouer un truc qui va pas nécessairement te faire plaisir par-dessus le marché.”

J'aurais du me douter que ce petit sourire de sa part ne présageait rien de bon. Je me suis encore faite avoir, c'est gonflant. J'attends patiemment, je prends mon temps pour faire monter la colère, l’agacement, faire siffler la bouilloire. Si ça se trouve, peut-être cela va-t-il me faire plaisir. Peut-être pense-t-il seulement que ça ne ma ravira pas parce que ça ne le ravira pas lui.

“Y a vraiment un truc qui déconne avec le speeder. J’ai dû m’y reprendre à trois fois pour le faire démarrer. … Je te l’avais pas dit avant parce que je voulais t’emmerder un peu.”

J'explose de rire. Quoi, c'est juste ça ? Mais ça m'arrange, en fait, qu'il me parle de son speeder. Il oublie d'en pleurer, et moi, ça m'aide juste à dénicher le fond du problème alors que je ne savais même pas s'il y en avait un trente secondes auparavant. Alors son speeder déconne au démarrage ? Ça peut encore être beaucoup de choses, mais les vérifications seront plus rapides. Le filtre à air qu'il faut remplacer – c'est un vieux modèle, c'est ce qui paraît le plus logique –, la crépine qui s'encrasse vite à cause du sable – encore une fois, logique vu qu'on vit dans le désert ici – et tout un tas d'autres pièces du même acabit.

Je ris tellement que des larmes viennent perler au coin de mes paupières. Je m'essuie les yeux du revers de la main.

Au bout de la piste sablée, les mains en visière au-dessus de mes yeux, j'observe les pilotes se partager et se disputer le terrain, la victoire. Je devine Light, dans sa combinaison, ses éternelles mêmes lunettes sur le nez. On m'appelle vers l'arrière, et je cours vers les stands de réparation aménagés pour l'occasion. Il fait une chaleur torride.

Les premiers coureurs ne vont pas tarder à arriver et peut-être auront-ils besoin de mécaniciens.

Je vois le speeder de Light ralentir. Il ne s'arrête pas près du stand où je me tiens, et, volant une bouteille d'eau fraîche dans un coin de l'établi, je m'apprête à le rejoindre.

“Tu la connais”, demande un type en me désignant à Light.

Celui-ci me dévisage un instant, croise mon regard et détourne sa figure vers l'autre gars.

“Jamais vu, une stalkeuse de plus.”

Je sens la fureur monter en moi. Comment est-ce qu'il ose, avec sa voix dédaigneuse ! Je m'approche de plus près et sous le regard du type, je lui flanque une beigne dans la tronche. Je ne suis pas très forte, mais je sais qu'il l'a senti, mon poing. Je m'éloigne rapidement, et cours jusqu'au garage. Quel connard.


“Ah mais–” “–ça ne me dérange pas du tout !” C'est comme ça que j'allais finir ma phrase. Seulement, voilà, tout est monté au cerveau maintenant et je me rends compte que j'ai tout compris de travers. Je me relève brusquement du trottoir. Je me dirige d'un pas décidé et d'une marche ultra-rapide et énervée vers le garage.

Avant de faire brusquement demi-tour et de revenir vers Light. En une fraction de seconde.

Et là, je lui assène un coup de pied magistral dans le genou.

Arrivée dans le garage, essoufflée d'avoir couru pour échapper à une potentielle revanche, je m’accroupis sur place, les mains posées sur mes genoux. Je reprends mon souffle, j'inspire, j'expire.

“Quel connard”, je souffle, du tac-o-tac.
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MessageSujet: Re: [résolu] « nothing sweet about me » [OBLIVION]   Jeu 25 Avr - 20:17


— things will happen when they can —


Même à lui ça lui fait bizarre d’écouter Oblivion à la lettre. Bon, pas vraiment à la lettre, parce qu’il a beau hocher la tête il n’est absolument pas sûr du résultat, mais bon. Au moins, il essaie. Et c’est une preuve qu’il est en train d’écouter quelqu’un pour la… deuxième fois ? dans sa vie, en tout cas. Il n’aime pas écouter les gens. Parce que généralement les gens lui disent quoi faire et il a horreur de tout faire comme le commun des mortels. C’est pour ça qu’il a juste ses fringues pendant une course au lieu des combinaisons qu’arborent les autres. Ça lui a valu une belle balafre, mais quand il y réfléchi : avec la combinaison il en aurait eu une aussi. Les gens lui diraient de mettre un casque, et il est capable de répondre : plutôt crever. Alors, là, s’il écoute Oblivion, c’est bien parce qu’il ne sait absolument pas quoi faire d’autre et qu’il a lui aussi envie que ça s’arrête.

… Et elle est en train de rire, là. Lui, il cligne des yeux. Il n’a pas tout saisi. Il vient de lui annoncer qu’il lui a caché le motif de sa visite à l’atelier et elle se marre ? … Bon, bah. Si elle veut, hein. Il n’empêche qu’il a du mal à comprendre. Ou alors elle n’a pas encore percuté la fin de son annonce, à savoir qu’il n’avait rien dit dans le seul et unique but de l’embêter. Il s’était proposé pour l’aider, oui, mais alors ? Lui, la mécanique, c’est pas franchement son truc, sauf révisions simples. Alors si y a des fils qui se touchent ou une autre anomalie du genre… Ben ça va être coton.
Il fait tout à fait confiance à Oblivion pour trouver le problème et le régler rapidement, mais il n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi elle s’est mise à rire comme ça. … Non, en fait, c’est vrai que c’est assez drôle de savoir qu’il a galéré à faire démarrer le speeder alors que sa spécialité pour les courses c’est justement de faire un départ auquel personne ne s’attend même après des mois à le voir sur la ligne de départ… mais bon.

Ce n’était tout de même pas censé la faire rire à ce point de savoir qu’il a juste cherché à l’emmerder en lui cachant le fond du problème.
Peut-être que y a pas que pour lui et le speeder que les fils se touchent, en fin de compte…

Il n’empêche qu’elle en pleure de rire.
Mais lui, il se dit qu’il y a un truc qui cloche dans le bazar…

Encore une fois, il avait dit quelque chose de volontairement méchant pour le souci des apparences. Il savait depuis longtemps qu’Oblivion était plus que bonne mécanicienne. Alors quand l’autre lui avait demandé s’il la connaissait, il avait préféré répondre quelque chose ressemblant à « non » pour qu’elle ne se retrouve pas noyée sous les demandes. Il y en a beaucoup qui aimeraient en profiter, et pas que pour une révision du speeder.

Non, il appréciait déjà suffisamment Oblivion pour vouloir la protéger. C’était plus fort que lui, sans doute déplacé, et il avait accepté le coup sans ciller. Il avait juste cligné des yeux. Il l’avait parfaitement mérité, ce coup de poing. Et avait balancé un regard noir à l’autre qui ne bougeait toujours pas. Ce dernier était parti sans demander son reste. Et lui, il avait attendu que les choses se tassent un peu pour décider d’aller voir Oblivion. Il s’attendait à la trouver partout. Sauf là où elle était.

« J’pensais pas que tu partirais jusqu’au garage, tiens… »

Pas de réponse. Il avait soupiré avant de se planter en face d’elle.

« Considère-moi comme un connard fini si tu veux, mais j’ai dit ça pour que personne ne vienne t’emmerder derrière. Ce type est une vraie fouine et je sais que s’il voudra te faire de la mauvaise pub, il t’en fera. »

Il l’avait fixé, tout à fait sérieux, en plantant ses yeux bleus dans ceux d’Oblivion.

« Tu frappes bien, par contre. Et si t’as envie de m’en coller une autre, je la mérite pour ce que je t’ai dit. »

Peut-être qu’en fait il n’était pas si con que ça.


Il y a effectivement anguille sous roche parce qu’elle a arrêté net de rire. Net de chez net. Comme lui dix minutes avant. Et elle est repartie vers l’atelier. Il se lève d’un bond et s’apprête à la suivre pour lui demander ce qui ne va pas, mais il hésite. Elle a compris qu’il l’avait emmerdée depuis le début avec le défaut du speeder… ? Ah, bah, il va pouvoir lui demander puisqu’elle revient.

… Non, tout compte fait, non, il ne va pas lui demander. Il arque un sourcil en la voyant revenir. En fait, il n’aurait pas dû se relever. C’est la deuxième fois qu’il expérimente ses capacités à frapper. Il manque de trébucher quand elle lui cale un coup de pied dans le genou et la regarde partir avec la main posée sur l’articulation, à se mordre la lèvre et à se dire : « bordel j’avais oublié qu’elle sait frapper… ».
Il boitille jusqu’au mur extérieur du garage et s’y adosse en attendant que la douleur passe et qu’il puisse bouger le genou, accessoirement, marcher normalement.

… Normalement, hein. Non, c’est relatif, et il boitille toujours un peu. Bon, tant pis. De toute manière il l’avait pas volée, celle-là. Même s’il aurait préféré qu’elle lui en recolle une dans la figure plutôt que de viser le genou. Ça lui fera un bleu en plus, c’est pas comme s’il était à ça près.
Par contre, c’est inévitable, il va la voir.

« Quel connard… »

Il se mord la lèvre.
Est-ce qu’elle lui balance quelque chose à la figure s’il s’approche ? Oui, non, oui, non, oui, non… Il n’en sait rien mais il n’a pas envie de laisser la discussion s’arrêter sur une énième dispute, et sérieuse qui plus est. Donc il s’approche doucement et revient s’installer à côté d’elle, non sans grimacer parce qu’elle ne lui a tout de même pas loupé le genou, et la fixe.

« Oui, je suis un connard ; et un connard fini qui plus est. »

Il n’attend pas vraiment qu’elle réagisse pour continuer sur sa lancée.

« J’ai été un salaud une fois de plus et ton coup de pied je l’ai mérité. Si t’as envie de laisser le speeder en l’état, tu peux. Au pire, je verrais bien si je me crashe encore. »

Il soupire légèrement.

« … de toute manière je suis bon qu’à faire des conneries, alors… »

Et il amorce un mouvement pour se lever.
En espérant qu’elle le retienne.


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MessageSujet: Re: [résolu] « nothing sweet about me » [OBLIVION]   Sam 27 Avr - 19:34


“Considère-moi comme un connard fini si tu veux, mais j’ai dit ça pour que personne ne vienne t’emmerder derrière. Ce type est une vraie fouine et je sais que s’il voudra te faire de la mauvaise pub, il t’en fera.”

Je lève les yeux vers Light. Je ne suis pas certaine de pouvoir le croire, de pouvoir encore lui accorder toute ma confiance. Je reste perplexe, je reste pensive. Je ne le connais décidément pas bien. Je ne sais pas si ça lui ressemble de faire ça, ou bien s'il dit la vérité, qu'il ne voulait pas vraiment me blesser, plutôt m'épargner. Il ne m'a jamais dit qu'il pouvait se comporter de la sorte. À l'écouter, il désirait me protéger. Quand je l'ai entendu, il voulait m'éloigner comme un vulgaire insecte grésillant trop près de son oreille. Je suis un peu perdue, je l'avoue.

Ses yeux concentrés ont le mérite de me faire détourner le visage, les joues enflammées. Jamais personne n'avait pris autant de peine pour moi. Je lui ai quand même retourné une droite, et je devine que je lui ai fait mal – au moins un peu. Pourtant, il est revenu vers moi. Et il a du me chercher un bon bout de temps avant de finir par me trouver.

“Tu frappes bien, par contre.”

Je hoquette de rire, tout doucement, la main placée devant la bouche. Je voudrais me foutre une baffe.

“Et si t’as envie de m’en coller une autre, je la mérite pour ce que je t’ai dit.”

Je retire la paume qui recouvrait mes lèvres entrouvertes. Je suis de nouveau sérieuse. Est-ce qu'il pense que je suis capable de lui « en coller une autre », après qu'il me l'ait proposé ? Je penche la tête sur le côté. Je fixe un établi et un poste de travail plus loin, où travaille un mécanicien, un employé de Mercedes. Il relève la tête, comme gêné du regard insistant que je pose sur sa nuque en sueur. Il dégage une mèche de cheveux qui traînait devant ses yeux, et laisse une trace de cambouis sur son front. J'ai déjà frappé ce type. Parce qu'il était entré dans les vestiaires pendant que je me changeais, et n'était pas parti aussitôt.

Il n'a jamais recommencé.

Peut-être Light ne recommencera-t-il plus.

“Laisse-moi me débrouiller seule, à l'avenir. J'ai besoin d'un guide, pas d'un chaperon. Je ne veux pas d'une seconde Alice, et tu ne veux pas agir comme elle. Je me trompe ?”

De la simple rhétorique. Comme une blague entre rebelles. Sur une table de ping-pong, j'aurais renvoyé la balle creuse vers Light, attendant sa riposte. Et cette image s'impose en moi alors même que je n'ai jamais vu une table de ping-pong. Satané cerveau indépendant.


“Oui, je suis un connard ; et un connard fini qui plus est.”

Je lève les yeux vers Light. Il revient toujours, n'est-ce pas ? Mercedes dit que c'est mauvais d'aller se coucher alors que nous nous sommes fâchés avec quelqu'un. Avec un ami. Light est mon ami ? Il se rapproche sans doute le plus du confident ; et si je considère Mercedes comme un faux-père, Light doit être un de mes frères ombres les plus proches. Et l'Ombre en nous disparaît, je pense. Il est davantage mon frère de cœur que mon frère ombre.

Pourtant, je suis toujours aussi étonnée de le voir revenir si souvent et si régulièrement. Chaque jour où nous nous disputons, et chaque jour où il revient s'excuser – parfois, c'est moi qui m'excuse, mais Light ne m'en voudra certainement pas de dire qu'il est le plus souvent responsable de nos querelles –, ma confiance en lui augmente. Je ne calcule pas en points, mais je sais désormais que si je connais un problème, relativement grave, je pourrai l'utiliser en point de chute. En espérant tout de même que ça n'arrive pas.

Ne dis pas de bêtises. Il pense vraiment que je vais le laisser partir alors qu'il me parle de se crasher ? Il le pense réellement ? Que je vais pouvoir le laisser aller tranquillement tout en sachant qu'il pourrait lui arriver malheur au prochain coin de rue ? Sérieusement, Light...

“… de toute manière je suis bon qu’à faire des conneries, alors…”

J'attrape son poignet alors qu'il se relève.

“... C'est bon.”

Je me dresse sur mes pieds à mon tour.

“Assieds-toi là, je vais voir ce qui cloche sur ton speeder.”

Je lui montre un tabouret à roulettes et au siège pivotant près de mon espace. Après tout, l'ouvrage sur la machine de Light ne devrait pas me prendre beaucoup de temps, et la mécanique est un travail de solitaire. À deux sous le speeder, on recevrait plus de coups de coudes qu'on ne réussirait à avancer correctement. Il peut toujours me tendre les outils. Oui, c'est une assez bonne punition – en plus d'avoir reçu mon coup de pied, bien sûr.

Je me dirige d'abord vers le fond de l'atelier, vers le bureau sans cloison de Mercedes. Il possède un petit frigo sur le côté, et je sais qu'il y met toujours du café et des glaçons. J'attrape ma tasse – ébréchée mais je la garde : c'est le premier objet que j'ai possédé après ma lampe, qui me possède plus que je ne la possède vraiment. Je verse le café à l'intérieur, y ajoute deux glaçons. Cela fait toujours du bien. Ça réveille et c'est frais. Même si le jour vient de se lever, la chaleur est déjà étouffante.

“Tiens, j'espère que tu aimes le café”, je dis à Light en lui tendant ma tasse.

Je pose mes fesses sur le chariot à roulettes, la pointe de mes pieds touchant à peine le sol. Je cherche un tournevis, le plus petit possible. Pendant que je dérange mes outils, dans le but de faciliter ma quête, je lance à Light, sans le regarder :

“Je crois que le problème de ton speeder, c'est qu'il n'est plus tout neuf. Des pièces ont du prendre la poussière. Et certaines pièces ne le vivent pas aussi bien que toi”, je finis, espiègle.

Voilà, l'orage est complètement passé. Le soleil pointe son nez. Ça a toujours été aussi simple, et ça le sera toujours.
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MessageSujet: Re: [résolu] « nothing sweet about me » [OBLIVION]   Dim 28 Avr - 9:46


— 11:59 —


Elle l’a retenu.
C’est un peu pile ce qu’il attendait. Il ne compte pas vraiment partir, de toute manière. Juste retourner dehors et attendre qu’elle vienne d’elle-même, s’éloigner de quelques rues, au pire. Il serait capable d’aller renfiler son t-shirt histoire de faire bonne mesure, mais vu la chaleur qu’il commence à faire, il trouve que les manches courtes, c’est très bien. Et pourtant, c’est un frileux. Et elle l’a retenu. Elle lui a attrapé le poignet au moment où il allait se lever pour de bon et s’en aller. Il retient un sourire. S’il lui dit qu’il ne comptait pas vraiment se barrer, elle va encore le frapper. Il a beau dire qu’il méritait le coup de pied, il aimerait éviter un troisième accrochage de la journée. La clef de douze sur la tempe et le pied d’Obli dans le genou, ça lui a amplement suffi.

C’est bon ? Il soupire légèrement. Ça n’a pas vraiment l’air. Elle a l’air… résigné. C’est comme lui à chaque fois qu’il se retrouve obligé d’assister à une des réunions dans le hangar. Résignation totale. C’est le « je suis là parce que j’ai pas le choix ». Il a l’impression que c’est pareil, pour Obli vis-à-vis du speeder. Ou alors c’est parce qu’elle est encore un peu énervée. Et puis finalement, c’est elle qui se lève.
Génial. Lui il avait décidé de rester assis exprès. Bon, bah tant pis. Là, en tout cas, si elle veut le frapper, elle a un super angle pour viser sa tempe intacte.

« Assieds-toi là, je vais voir ce qui cloche sur ton speeder. »

Elle lui pointe un tabouret.
Tout en la fixant, il lui fait une sorte de salut militaire, avec un sourire s’il vous plaît, et se lève pour aller s’installer sur le tabouret en question.

« Chef, oui, chef. »

Idiot, n’est-ce pas ? Non, c’est juste qu’il n’a pas envie de continuer la journée dans les brumes d’une énième dispute assortie d’un coup de pied dans le genou et du souvenir d’une clef de douze aux tendances suicidaires. Il a eu son compte pour la journée, comme on dit. Alors pour une fois il se borne à écouter Oblivion et reste en retrait de tout le reste. De toute manière, la mécanique, c’est pas son truc. Son truc à lui c’est se planter lamentablement sur une piste parce qu’il n’a vu l’obstacle qu’au dernier moment.
Non ? Bon, d’accord. Son truc à lui c’est les courses. Et borné comme il est, surtout mauvais perdant en fait, il s’arrange pour en perdre le moins possible. Ça fait qu’il récolte pas mal de comptes à régler, aussi, mais ça… C’est au second plan et…

… Oh une tasse.

« Tiens, j'espère que tu aimes le café. »

Il prend la tasse. Regarde alternativement Oblivion, puis la tasse, et finalement, il hausse les épaules. Pour le peu de fois qu’il a goûté… il ne saurait pas vraiment dire s’il aime ou pas. En tout cas, il ne déteste pas non plus. Il tourne la tête et regarde l’extérieur de l’atelier en prenant une gorgée de café. Il a l’impression de voir le bas des bâtiments d’en face onduler sous la chaleur. Il n’est même pas midi. Qu’est-ce que ça sera en milieu de journée ?
Quand son attention revient à l’atelier et qu’il s’apprête à dire quelque chose à Oblivion, mais elle est déjà en train de chercher ses outils.
S’il dit quelque chose il appréhende ce qui va se passer. Oui, il a encore un peu peur de s’en prendre une. Et s’il sait qu’elle frappe bien, il ne sait pas s’il vise bien. Et tout compte fait il n’a pas envie de savoir, en fait.

Il l’écoute parler du speeder. Ça, oui, ce n’est pas un modèle très récent. Mais ce n’est pas non plus un modèle déjà bon pour la casse. Et on l’a déjà dit : pour qu’il se sépare de ce speeder-là, il faudra qu’il soit vraiment bon à faire des pièces détachées pour améliorer des modèles plus neufs. Alors bon. Il préfère encore passer des heures par jour à vérifier que tout va bien sous tous les angles plutôt que de changer pour un modèle sans doute moins souple et moins maniable. Ça fait un peu maniaque, mais il n’a pas non plus les moyens de s’offrir un speeder de dernière génération, quand bien même il en ait entendu de bons retours, et quand bien même, avouons-le, ce serait tentant.
Donc oui, il est au courant que certaines pièces ont dû plus que certainement prendre la poussière, et autres problèmes divers liés au fait que c’est un ancien modèle. Enfin, ancien, façon de parler, il n’a pas non plus trois cent cinquante-sept ans, ce speeder. Ça le fait ricaner un peu, nerveusement.

« Et certaines pièces ne le vivent pas aussi bien que toi. »

Et gna, gna, gna. Sans rire ?
Il sourit un peu et la fixe.

« C’est à peu près la même chose pour ta tasse à café. Elle vit ton boulot moins bien que toi j’ai l’impression. »

Il la taquine gentiment et se remet à regarder dehors en prenant une gorgée du café glacé. La lumière a changé. Il fronce un peu les sourcils. La dernière fois qu’il a vu cette lumière-là, c’était en pleine course et il avait eu la chance de terminer dans les premiers et d’être à l’arrêt et à l’abri quand l’orage avait commencé.
Finalement, il sourit une deuxième fois.
Il se lève du tabouret et va voir dehors. Le ciel se couvre de jolis nuages anthracite en provenance du désert.

Il retourne sur son tabouret après.

« Si t’en as marre de la chaleur, sache qu’un orage va nous tomber dessus dans les deux heures qui suivent. »

Et ça, c’est dit. Il termine tranquillement la tasse de café et fait tourner les glaçons au fond.

« Ce qui est bête c’est que je vais devoir continuer de squatter jusqu’à ce qu’il arrête de pleuvoir. Tu crois que tu me supporterais jusque-là ? »

Dit en toute innocence.


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MessageSujet: Re: [résolu] « nothing sweet about me » [OBLIVION]   Jeu 2 Mai - 18:39


La lumière dans le garage est plus sombre que d'habitude, et pourtant, mes yeux sont agressés par la réverbération. Je frotte mes paupières à l'aide de mon pouce et de mon index, que je place de part et d'autre de l'arête de mon nez. Je ressens soudainement toute la fatigue que j'ai accumulé depuis la nuit dernière. Je ne bosse jamais autant, et je n'ai jamais à me concentrer de façon aussi intense aussi longtemps. Les longues heures passées sous le landspeeder de Mercedes ont laissé derrière elles une goût amer de déception et de temps perdu. Je ne sais pas pourquoi je ressens ça. Je veux dire : j'ai réparé ce landspeeder.

“Si t’en as marre de la chaleur, sache qu’un orage va nous tomber dessus dans les deux heures qui suivent.”

Merde. Je jette un coup d’œil au ciel, dans l'angle de l'entrée sans porte. C'est vrai, le ciel n'était plus d'un bleu matinal, la chaleur était plus étouffante que jamais, l'air chargé d'humidité. Je fixe Light, comme s'il venait de me dire que la fin du monde était arrivé. La fin de notre monde. Je soupire, pose une main sur le chariot à roulettes, en acier d'un froid apaisant. La pluie suivra l'orage. Mais la pluie dans le désert est sale, plein de sable, brûlant et désagréable comme un bain tiédi. Je déteste la pluie. Je me sens obligée de rester cloîtrer au garage, et même si rester au garage ne me dérange pas et, même si, finalement, je passe la plupart de mon temps cloîtrée au garage, c'est le fait d'y être obligée, de ne pas avoir le choix qui me serre le cœur et fait se contracter les jointures de mes doigts. Je hais la pluie.

“Ce qui est bête c’est que je vais devoir continuer de squatter jusqu’à ce qu’il arrête de pleuvoir. Tu crois que tu me supporterais jusque-là ?”

Je hausse les épaules, plus vraiment concentrée sur ce que dit Light. Je suis hautement déprimée. Mes yeux restent rivés sur le ciel morne qui se détache à l'extérieur, les nuages lourds de mauvais présages. Quelle journée pourrie.

“Il le faut bien. Et puis, ce n'est pas comme si je n'avais pas l'habitude”, je lance d'une voix morne.

Je me penche vers la planche à roulette, la mini lampe torche dans la poche kangourou de ma salopette et une pince à métaux minuscules entre les lèvres. Je ne crains aucune des bactéries qui traînent dans le garage, sous un landspeeder, mais la pluie me désole. Quand il pleut, ça sent toujours la tristesse et la dépression. Je déteste ça.

C'est la crépine. Cette saleté de crépine. Heureusement, cela ne me prend que quelques minutes à la remplacer, sinon, j'aurais râlé – auprès de Light. Il aurait eu à supporter mon humeur de chien, mon humeur maussade que le temps vient de me donner. Je fais glisse la planche à roulettes vers le haut, sortant ma tête du casse-tête chinois. Je regarde Light, assis là où je lui ai dit de s'asseoir, ma tasse à la main. J'ai du mal à l'imaginer comme mon ami, mais je dois dire que là, il ressemble vachement à quelque chose du genre.

“Light.”

Je l'appelle doucement. C'est la pluie. Je me sens obligée de chuchoter. Comme si elle allait s'abattre si je parlais trop fort, trop brusquement. Pourquoi serait-ci si étonnant ? C'est Alice qui contrôle tout Krash, pas le Destin.

“Va dans ma chambre, dans l'armoire du fond, celle en métal rouge, cherche dans le casier A à F, crépine.”

Je suis fière de mon armoire en métal rouge. C'est là qu'est rangée toute ma vie. Vraiment. Les outils, les pièces que je collectionne sont tous là. Mais plus que ça, plus que mes découvertes mécaniques du désert, dans des doubles fonds secrets, il y a tout ce que j'ai de plus précieux. Des choses dont je ne peux pas parler, peu de choses en vérité. Mais tout est là. Mon armoire est mon bien le plus précieux. La crépine que je veux est rangée avec une dizaine d'autres crépines de toute sorte, dans un petit casier sur lequel j'ai écrit crépine au marqueur noir. Ce casier est rangé dans un casier plus grand, le casier C, lui-même rangé dans le casier A à F.

Je fais rouler la crépine usagé et hors d'état vers les pieds de Light, toujours allongée.

“Une similaire.”

L'horloge indique midi vingt-cinq.


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MessageSujet: Re: [résolu] « nothing sweet about me » [OBLIVION]   Jeu 2 Mai - 20:28


— a good idea —


Il avait un léger sourire après sa réplique innocente. Maintenant, il tire la tronche. Oblivion a l’air absolument enchantée, quelque chose de bien. Il soupire légèrement. Il a encore dit quelque chose qu’il ne fallait pas, ou… ? Il baisse les yeux en se mordant la lèvre. Soit il a dit quelque chose, soit… soit quoi ? Il n’en sait rien, et il n’a pas vraiment envie de s’attirer ses foudres en lui posant la question. Alors il se contente de rester où il est et de la regarder retourner sous le speeder. Il préfère amplement ne rien dire. Avant de dire une connerie.
Il a eu sa dose d’engueulades pour au moins une semaine. Tout l’effet de s’engueuler avec quelqu’un qu’on aime bien, en somme.

Il jette un coup d’œil au ciel, dehors. C’est sombre. L’air devient lourd, limite étouffant. Non, pas limite. C’est étouffant. Il se met à haïr les orages dans le désert. C’est toujours agréable quand on est en dehors du désert, ça y a pas de doute. Il soupire une seconde fois. Juste un moment, il aimerait que la pluie qui projette de se radiner, visiblement, soit fraîche, ne donne pas l’impression de poisser tout le reste, ou ne soit tout simplement pas tiédasse à souhait. C’est drôle comme le vent qui commence à balayer la rue d’en face porte une espèce de parfum de dépression profonde. Il jette un coup d’œil à Oblivion, toujours nichée sous le speeder.
Puis il regarde la tasse à café vide où les glaçons ont largement eu le temps de fondre. Il reste un petit bout de glace qui se cogne contre la faïence émaillée bon marché de la tasse.
Retour à Oblivion. Il se demande vraiment ce qui a pu lui saper le moral aussi vite que ça. A moins que ç’ait été très lent et qu’il n’ait absolument rien remarqué tel le crétin qu’il est habituellement. Un jour, il faudra qu’il pense à se préoccuper un peu de ses amis. Surtout pour le peu qu’il a, ça ne lui demandera pas non plus d’aller chercher la lune au milieu du ciel.

Là, sur le moment, il se sent atteint d’un sentiment d’inutilité, de nullité et d’idiotie particulièrement… aplatissant. Il tire plus ou moins la tête et se borne à faire tourner le vestige d’un glaçon au fond d’une tasse à peine remplie de l’eau que le glaçon encore vivant et son homologue ont faite en fondant. Joie. Bonheur. Pour tout résumer en deux mots. Il a vraiment l’impression de faire la plante verte. Il l’a cherché, d’un côté, mais pour le coup il se sent vraiment aplati. S’il pouvait se larver à moitié sur un établi dénué de tout bazar pour continuer de faire tourner cette tasse en la fixant d’un œil morne, le tableau serait parfait.
Sauf qu’il n’a pas d’établi dénué de tout bazar où se larver, justement.

« Light. »

Il met quelques dix secondes à percuter que, oui, Oblivion lui a parlé. Enfin, parlé. Chuchoté serait plus exact. Il tourne donc la tête vers elle une fois sûr de ne pas encore avoir d’hallucinations et la regarde l’air de demander ce qu’il advient de la suite. Il trouve ça bizarre, qu’elle chuchote. D’habitude elle n’a absolument pas peur de dire ce qu’elle pense. … En tout cas, il se dit que oui puisqu’il l’a expérimenté. Même s’il préfère ne pas penser à cette réplique. Ça vaut mieux pour la suite des opérations, pas la peine de déclencher une énième dispute en quelques minutes seulement.
Il a vraiment eu sa dose, là.

« Va dans ma chambre, dans l'armoire du fond, celle en métal rouge, cherche dans le casier A à F, crépine. »

Il hoche la tête, pose la tasse et se lève du tabouret pour attraper la pièce hors d’usage qu’elle a fait rouler jusqu’à lui, avant de prendre la direction indiquée. Ce n’est qu’en arrivant tout près qu’il se retourne vers l’atelier en arquant un sourcil. Sa chambre ? Elle est sérieuse ou bien… ? De toute manière elle risque de le tuer s’il ne ramène pas une crépine, alors bon. Qu’est-ce qu’il risque ?
… Peut-être se prendre les pieds dans une autre forme de bazar, après tout, c’est possible.

Pour le moment, s’il y a du désordre dans la chambre de la mécanicienne, il n’y fait pas gaffe. Il s’occupe de trouver l’armoire rouge et de chercher une crépine dans le casier qu’elle lui a indiqué.

« …C. … Casier C, casier C… Ah, voilà. »

Il attrape le casier C et se met à chercher crépine, toujours en marmonnant le nom de ce qu’il est en train de chercher. C’est le tic bête censé vous dire « eh, mais t’es sur la bonne voie » alors que de toute manière il est fort probable de trouver ce qu’on cherche. Même plus que probable. Dans un souci de rester en vie et de ne pas essuyer une nouvelle vague de compliments venant d’Oblivion, il jette un œil à la crépine usagée et se remet à chercher dans la boîte jusqu’à trouver ce qu’il cherche. Il range soigneusement la boîte à crépines dans le casier C, et le casier C dans le casier A à F, avant de remettre le tout dans l’armoire..
Puis il retourne dans l’atelier et passe la pièce à Oblivion.

Et il reste à côté du speeder tant qu’à faire.

« Y a un truc qui cloche. Avec toi. »

Il soupire un peu et croise ses chevilles avant de caler ses coudes sur ses genoux et d’attraper son poignet droit avec sa main gauche.

« … Pourquoi t’as l’air déprimée d’un seul coup ? C’est l’orage qui te fait cet effet ? »

Il suppose ça comme ça.


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MessageSujet: Re: [résolu] « nothing sweet about me » [OBLIVION]   Mer 8 Mai - 10:01


“Y a un truc qui cloche. Avec toi.”

La pièce dans la main, je lève les yeux vers Light. Ou plutôt : vers les pieds de Light. Même s'il est assis en tailleur, son buste culmine bien trop haut pour que je daigne fatiguer mes paupières et le regarder dans les yeux. Je me mets en pause. Parfois, je ressemble bien trop à une machine, à un robot. Lorsque je me concentre, je n'ai plus l'air que j'ai d'habitude. Presque humaine, jamais tout à fait, mais au moins une illusion.

“... Pourquoi t'as l'air déprimée d'un seul coup ? C'est l'orage qui te fait cet effet ?”

Évidemment, Light n'est pas con. Il a l'esprit logique, la logique synthétique, la curiosité rhétorique. Il doit être sûr à soixante-dix pour-cent, peut-être un peu plus. J'ai peur de l'orage, j'ai quelque chose avec, un souvenir, un traumatisme.

Et c'est vrai.

Je retourne sous le speeder. Je replace la crépine neuve, et en même temps, je satisfais la curiosité de Light. Parce qu'il s'agit de quelque chose qu'il ne sait pas encore, et parce que même Mercedes ne connaît pas mon implication dans cette histoire, ne sait pas à quel point je suis horrible, à quel genre de monstre il a affaire tous les jours. Et même si j'essaie de me racheter chaque matin, que j'ose espérer une rédemption, plus le temps passe et moins j'y crois. Je resterai toujours un sale déchet, un rebut, une menteuse.

“Je vais te raconter une histoire”, je commence. “Ça commence dans le secteur C, mais les personnages appartiennent en fait au A. Il y a une fille, et un garçon. La fille espionne le secteur C, donne les informations au A. Le garçon fait l'inverse. La fille ne sait pas ce que le garçon fait. Le garçon le sait, on ne sait pas comment, mais il le sait.”

Je me tais un peu, attache solidement la pièce, consciencieusement. Raconter ce chapitre de ma courte vie, c'est soudain si simple, quand un speeder cache mon visage, quand c'est à Light que je parle, doucement, juste pour ses oreilles.

“Un jour, il l'attrape dans une ruelle sombre, à l'abri. Il y avait de l'orage. Personne d'autre n'était dans le coin, à cause de l'orage. Il lui dit qu'il sait, il lui dit tout. Sans faire exprès. Il regrette après, sans doute. Elle écoute tranquillement, entravée par ce garçon qui semble lui vouloir du mal. Elle le connaît, il travaille au A. Ils se sont déjà parlés, ils ont même sympathisé. Mais le garçon qui la tient par la gorge n'est pas le même garçon. C'est le garçon du secteur C.”

La fin est ce qui me gêne le plus. C'est ce que j'ai le plus de mal à lui raconter, à dire. Va-t-il me dénoncer ? Va-t-il le raconter à la Rébellion, vont-ils me trahir ? Je le mérite, mais je ne peux m'empêcher de ne pas le désirer. Je suis à ma place, aujourd'hui, je sais que je suis à ma place. Et c'est en partie grâce à lui, en partie grâce à Mercedes.

“Le garçon a commis une erreur. Il a laissé la fille partir. Il a laissé la fille partir avec un baiser. Sous la pluie brûlante, après l'orage. Ça a duré une semaine – cinq jours. Et puis la fille a commencé à éviter le garçon. Et dans les yeux du garçon, elle voyait qu'il savait, qu'il savait qu'elle savait.”

Je reprends ma respiration.

“On est venu chercher le garçon, dans le secteur A, pendant qu'il travaillait. La fille a entendu dire qu'il n'avait pas cherché à fuir. Elle, elle n'avait pas voulu être là pendant qu'on l'emmenait. Elle n'a plus entendu parler de lui après.”

Je fixe mes mains noircies par le cambouis. Je glisse vers le haut, lentement. J'ai peur de croiser le regard de Light, peur qu'il me juge, peur qu'il se détourne, dégoûtée. Il ne s'agit plus d'histoires à la con, de chamailleries un peu enfantines. Il s'agit de la vie de quelqu'un, de la vie de quelqu'un qui fut des nôtres, quelqu'un qui a disparu par ma faute.

Je ne signale pas que la fille, c'était moi. Il peut le deviner tout seul, je le sais. Il a déjà deviné, je le sens.

“L'orage n'est pas un bon présage.”

Il présage que je vais faire une connerie, que je vais quelque chose qui va changer ma vie de manière irréversible. Et en racontant cette histoire à Light, ne viens-je pas encore de le prouver ?

L'orage tonne. La pluie commence à tomber.

Le pire, c'est que je suis coincée avec Light après ça. Le pire, c'est que je n'ai pas besoin du jugement de Light, le mien me déchire déjà de l'intérieur. Je me déteste.
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MessageSujet: Re: [résolu] « nothing sweet about me » [OBLIVION]   Mer 8 Mai - 11:16


— does it take your breath away —


Il penche un peu la tête quand elle sort de sous le speeder pour prendre la crépine. Lui, il la voit très bien. Pas sûr qu’elle le voie très bien. Mais il ne s’en préoccupe pas non plus. Il ne va pas prendre le risque de la rejoindre sous le speeder et de se faire assommer dans la seconde. Il se contente de la laisser prendre la pièce neuve et retourner sous le speeder. Il attend. Il ne sait pas trop quoi. Qu’elle dise quelque chose, probablement. Comme souvent dans leurs discussions. Y en a un qui attend que l’autre dise un truc pour que ça ne s’arrête pas au bout de dix secondes. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il attend qu’il se passe quelque chose.
Et il va forcément se passer quelque chose. Il n’a pas envie d’insister plus que ça. Pour une fois, il se borne vraiment à attendre sans rien dire. Il ne cherchera pas, point par point, à savoir ce qu’il se passe et pourquoi Oblivion a tant l’air de détester l’orage. Ça ne le mènera nulle part. Il déteste qu’on fouille dans sa vie de cette façon, et il ne voit aucune raison de faire pareil à Oblivion.
Il peut se dire qu’il y a au moins ça qui le rend moins salaud qu’il n’est, pas vrai ?

« Je vais te raconter une histoire. »

Il penche un peu plus la tête de côté, mais ne voit pas Oblivion étant donné qu’elle est sous le speeder. Il penche la tête comme s’il voulait mieux l’entendre. Il se mord un peu la lèvre. Quand elle lui avait demandé comment il s’était fait la cicatrice sur son bras droit, il s’était énervé et avait ainsi pu mettre l’ensemble de l’atelier au courant ; même s’il en est sûr, certains n’ont pas suivi le fil de cette “conversation” là.
Oblivion, c’est un peu son exact contraire, pour certains trucs. Il se dit que de toute manière il n’aurait jamais pu être totalement calme en parlant du plantage. S’il ne s’était pas énervé il aurait au moins fait dans le cynisme et le ton du récit aurait été amer si ce n’est caustique. Il avait détesté se planter. Il déteste encore plus vivre avec le souvenir de ce plantage.

Et pendant qu’il écoute Oblivion raconter il se dit qu’il n’est pas le seul à détester vivre avec un souvenir précis en tête.
Ça n’est jamais agréable. Alors plutôt que de penser à ça il chasse tout ce qui le concerne de sa tête et se concentre sur ce qu’Oblivion lui dit. Pour l’instant il est question de deux personnes qui espionnent chacune un secteur. Pas la peine d’être un génie pour deviner que la fille dont parle Oblivion n’est autre qu’elle-même. Il ne sourit pas à cette idée. Pour une fois, il ne sourit pas. Il se contente d’écouter sans rien dire. Sans penser à autre chose que ce qu’on lui dit.

« Le garçon a commis une erreur. Il a laissé la fille partir. Il a laissé la fille partir avec un baiser. Sous la pluie brûlante, après l'orage. Ça a duré une semaine – cinq jours. Et puis la fille a commencé à éviter le garçon. Et dans les yeux du garçon, elle voyait qu'il savait, qu'il savait qu'elle savait. »

Là il perd un peu le fil. Puis le reprend assez vite. La fin est assez inextricable mais c’est un moyen comme un autre de faire passer quelque chose. Il détache ses yeux du speeder et regarde dehors. L’orage se rapproche, les nuages ont l’air encore plus sombres et plus menaçants maintenant qu’ils sont quasiment bien au-dessus du secteur C, comme prêts à le noyer pour le laver de tout ce qui le rend tellement haïssable.
Ce foutu secteur C.

Il écoute toujours Oblivion raconter son histoire. Et il l’écoute toujours sans émettre un seul son, sans faire autre chose que bouger la tête pour regarder dehors ou fixer le métal du speeder d’un air totalement absent. Il n’imprime pas chaque détail dans son esprit. Il n’a pas envie. C’est l’histoire d’Oblivion, pas la sienne. Il n’a pas envie de venir s’immiscer dedans en se souvenant de détails douloureux.
Il sait qu’il trouverait le moyen de les réutiliser s’il s’énervait encore.

« L'orage n'est pas un bon présage. »

A ceci, par contre, il hausse les épaules et écoute la pluie se mettre à tomber sur le secteur C. Il n’a pas encore remarqué qu’Oblivion est revenue de sous le speeder. Il regarde les innombrables gouttes d’eau tiède tomber des nuages et s’abattre sur le sol alors que le tonnerre se fait déjà entendre depuis plusieurs minutes. Il a toujours aimé les orages, lui. Même si c’est un peu suicidaire de prendre certains virages sous la pluie, voire de faire du speeder tout court sous la pluie.
Mais il a toujours trouvé un côté douche froide à un orage. Quelque chose qui efface les erreurs.

Quand il tourne la tête il regarde Oblivion et affiche un petit sourire. Un sourire compatissant.

« Je crois que j’ai une idée. »

Il se relève et attrape un chiffon qu’il lance à Oblivion.

« De un, tu vas laisser tomber le speeder pour le moment. Il pourra très bien nous attendre ici. »

Ensuite il retourne chercher ses fringues, et toujours isolé du reste de l’atelier, échange le t-shirt à manches courtes qu’Oblivion lui avait gentiment prêté contre son t-shirt à manche longues et revient dans l’atelier avec sa veste dans la main, jetée sur son épaule.

« De deux je vais t’emmener découvrir un endroit unique dans ce secteur ensablé. »

Son sourire s’élargit.

« Et pour finir… »

Il pose sa veste sur un établi au hasard et attrape Oblivion par la main le temps de la ramener contre lui et de lui faire un câlin. ça ne dure pas plus de quelques secondes, et il la lâche pour aller récupérer sa veste.

« Arrête de faire cette tête. Je veux te voir sourire. »


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MessageSujet: Re: [résolu] « nothing sweet about me » [OBLIVION]   Mer 8 Mai - 11:17


Et paf.

TERMINÉ ! \o/


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